Une soixantaines d’habitants de la ville de Boumerdès, à 45 km à l’est d’Alger, ont tenté de marcher en direction du tribunal pour protester contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un 4è mandat consécutif. Mais un cordon de policiers les en a empêché. 

Réunis à 10 H devant la gare ferroviaire de la ville de Boumerdès, une soixantaine d’opposants au 4è mandat, que brigue Abdelaziz Bouteflika, selon les organisateurs, entendait bien ce jeudi faire entendre leur colère. « Il y avait surtout des jeunes et des chômeurs », raconte Driss Mekideche un participant de cette manifestation hostile au pouvoir. « Toutes les couches sociales étaient représentée », insiste Hacène, l’un des animateurs de cette marche, joint par téléphone. Les manifestants, qui disent ne pas être affiliés au mouvement Barakat!, souhaitaient rallier le tribunal de la ville afin d’interpeller les autorités algériennes. C’était sans compter sur le cordon sécuritaire, qui les a empêchés de progresser dans la ville. Présent sur les lieux, Driss Mekideche, un chargé de communication en pré-emploi, témoigne : « Dès que nous avons commencé à marcher, les policiers nous ont encercler pour nous empêcher d’avancer. Ensuite, ils ont fait appel à des renforts, ils étaient beaucoup plus nombreux ».

Bloqués par les forces de l’ordre, ces opposants ont été contraints de manifester dans un petit périmètre, délimité par les policier. Delà, ils ont scandé des slogans hostiles au régime en place durant 3 H. « Nous souhaitons un changement pacifique. Et il ne peut pas passer par des élections jouées d’avance », explique Driss Mekideche, qui dit qu’il n’ira pas voter le 17 avril prochain. « Notre mouvement reflète la tendance générale chez les jeunes. La plupart vont boycotter le scrutin », estime-t-il. Contacté par la rédaction, Hacène, l’un des organisateurs du mouvement d’opposition de Boumerdès, prône le « départ de ce système ». « Depuis 1962, rien a changé », déplore cet employé en pré-emploi.

Malgré l’étouffement de leur marche, ces habitants de Boumerdès ne compte pas en rester là. « Une réunion des initiateurs du mouvement est prévu ce soir pour savoir quelle suite donner. On veut rejoindre l’initiative nationale, on ne veut pas se cantonner à Boumerdès », indique Driss Mekideche, proche des organisateurs de ce groupe. De son côté, Hacène indique que les représentants des différentes communes de la wilaya de Boumerdès vont se réunir prochainement pour décider d’une action commune.

En attendant, les deux hommes donnent déjà rendez-vous dans la rue à Alger le dimanche 13 avril. Soit le dernier jour de la campagne officielle. « Je vais manifester avec les contractuels du pré-emploi pour revendiquer nos droits socioéconomiques », prévient Driss.