Abdelaziz Bouteflika reçoit Ahmed Ouyahia à Alger, le 25 mars. Photo : Algérie-Focus

C’est une véritable bizarrerie qui n’a pas manqué de susciter l’étonnement des observateurs de la scène politique Algérie. La mouture contenant les propositions de révision de la Constitution comporte une immense lacune. Les deux versions linguistiques du texte, arabe et française, ne sont pas vraiment les mêmes. Du moins pour quelques articles.

Ainsi, l’article 19 qui mentionne les conditions de candidature à la Présidence de la République, l’article exigeants de « Justifier de la non implication des parents du candidat né après juillet 1942, dans des actes hostiles à la Révolution du 1er Novembre 1954 » existe dans la version française mais pas dans la version en arabe. C’est, d’ailleurs, cela qui a provoqué un tollé –uniquement- dans les journaux arabophones. Ces derniers ont crié au scandale en affirmant que l’absence de cette mention (dans la version arabe) signifie le retour des harkis  en Algérie !

Cette omission –ou simple oubli involontaire ?-  a fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours en Algérie. Quel que soit son origine, de nombreux algériens sont que cette lacune est un signe du manque de sérieux dans la démarche des autorités politiques dans ce projet politique très important pour l’avenir du pays. Car, il est difficile d’admettre que durant les longs mois, pendant lesquels ce texte sommeillait dans les tiroirs de la Présidence de la République, personne n’a pris le temps  nécessaire de vérifier son contenu exact. Force est de constater qu’au moment où le Chef de l’Etat a fait de cette révision de la Constitution un cheval de bataille de ses « réformes », il s’avère que les services de la Présidence de la République  n’ont même pas pris le temps nécessaire de bien lire les deux versions de leur texte. Un texte rendu public dans la précipitation et adressé à des dizaines de partis politiques et personnalités nationales.  Comment expliquer sinon qu’’un élément important a sauté dans la version arabophone des ces amendements proposés par un comité d’experts désignés par la Présidence.

Un tel manque de sérieux des autorités risque fort de compromettre la crédibilité de cette révision constitutionnelle.

Avec E. W

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