Contexte tendu à l’approche du Baccalauréat, après le mouvement de grève des lycéens du début d’année. Elèves et parents d’élèves s’inquiètent : comment rattrapper le retard cumuler ? Les lycéens seront-ils pénalisés ? La ministre de l’Éducation, Nouria Benghebrit, se dit sereine, à moins d’un mois du Bac 2014.

La polémique du « seuil »

La politique de « seuil » continue de déclencher le débat en Algérie. Cette solution est censée permettre aux candidats au Baccalauréat de la session 2014  de passer cet examen dans des conditions « normales ».

Le lundi 12 mai, la nouvelle ministre de l’Éducation, Nouria Benghebrit, a indiqué au micro de la Chaîne 3 que le seuil des programmes concernés par les examens de fin d’année a été fixé entre 85% et 95% des cours dispensés. C’est donc un seuil relativement restreint. Selon les propos de la ministre, qui a récemment succédé à Baba Ahmed, les examens porteront sur les programmes « réellement » enseignés. La Ministre de l’Éducation a pour autant nuancé le recours à ces fameux seuils, en soulignant que ces derniers  « portaient atteinte à la réputation de l’examen ». « Nous avons le devoir de réussir ces épreuves et de ne pas stresser ou angoisser les élèves », a déclaré Nouria Benghebrit à la Chaîne 3.

Le Bac 2014, une course contre-la-montre

La session 2014 du Baccalauréat se distingue des années précédentes. L’Education nationale a, en effet, pâti des conséquences de la grève syndicale, qui a entrainé de grave retard dans le programme. Pour rappel, les syndicats de lycéens ont animé un mouvement de grève durant plusieurs semaines au début de l’année. C’est en un court laps de temps que les candidats au Bac 2014 ont fait leur retard, assimilant rapidement le reste du programme de l’exam, à l’aide de polycopiés à « digérer ». Une méthode peu pédagogique qui risque d’entraîner un fort taux d’échec au baccalauréat. C’est d’ailleurs, à partir de ce constat, qu’est survenu l’idée de mettre en place un seuil afin de privilégier le programme étudier en classe pour l’examen tant redouté par les étudiants.

Face à ce défi, de nombreux lycéens algériens, du moins ceux qui en ont les moyens, ont eu recours à des cours de soutien pour rattraper le retard dans le programme dû aux grèves, ou pour combler le manque d’un système éducatif pas assez performant.

Et à Ghardaïa

Cette année, les programmes scolaires ont été retardés à cause des grèves, mais pas seulement. À Ghardaïa, les élèves ont également pâti des violences intercommunautaires.

La situation à Ghardaïa, où les cours ont été particulièrement perturbés par les violences intercommunautaires, reste préoccupante pour les candidats au Bac 2014, qui n’ont pas pu bénéficier d’une année scolaire calme. Répondant à une question sur le déroulement des examens de fin d’année à Ghardaïa, Nouria Benghebrit a cependant affirmé à l’antenne de la Chaîne 3 que cette wilaya du sud algérien « ne posait aucun problème « .

A moins d’un mois de l’épreuve, le climat est plus qu’électrique dans les cours des lycées. Mais au delà la polémique sur le Bac 2014, c’est toute la préparation au monde universitaire, le véritablement enjeu, qui est compromise.