Mohand Kadi et Moez Bennacir, les deux jeunes arrêtés en marge d’une manifestation de Barakat, ont été condamnés ce dimanche à six mois de prison avec sursis par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Ils envisagent de faire appel.

Un jugement mi-figue, mi-raisin. C’est ainsi que l’avocat des deux jeunes hommes arrêtés à une terrasse de café le 16 avril dernier pour trouble à l’ordre publique en marge d’une manifestation place Audin du mouvement hostile au 4è mandat du Président Abdelaziz Bouteflika, Barakat, qualifie le verdict rendu ce dimanche par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Depuis leur arrestation le 16 avril dernier, soit la veille du scrutin présidentiel, Mohand Kadi, militant du Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), et Moez Bennacir, un assistant d’édition tunisien, n’ont cessé de clamer leur innocence, affirmant ne pas avoir participé à cette manifestation.

Placés en détention provisoire depuis plus de quatre semaines, les autorités algériennes poursuivaient Mohand et Moez pour « attroupement non armé qui peut troubler la tranquillité publique », en vertu de l’article 97 du code pénal. L’assistant en édition tunisien était aussi accusé d’être en situation irrégulière.

Mohand et Moez, soutenus par l’ensemble des associations de défense des libertés civiles en Algérie, réclamaient une relaxation, ils ont obtenu ce dimanche leur libération mais ont toutefois été condamnés à six mois de prison avec sursis. « Un jugement injuste puisqu’ils n’ont rien fait », réagit leur avocat maître Abdelghani Badi, également président du bureau d’Alger de Ligue algérienne de défense des Droits de l’Homme (LADDH). Dans son réquisitoire, le Procureur d’Alger avait demandé dimanche dernier une peine plus sévère d’un an d’emprisonnement ferme à leur encontre. C’est donc là une victoire en demi-teinte pour les deux jeunes accusés.

Faire appel

Mais ces deux-là pourraient ne pas se contenter de ce jugement. Joint par la rédaction, Me Abdelghani Badi confie à Algérie-Focus que Mohand Kadi et Moez Bennacir envisagent de faire appel pour obtenir une relaxation. « S’ils font appel nous serons à leurs côtés pour les aider », soutient leur avocat.

Pour l’heure, les deux jeunes inquiétés par la justice algérienne se trouvent toujours au tribunal, indique à Algérie-Focus Me Badi. Ils feront ensuite un détour par la prison de Serkadji pour récupérer leurs affaires personnelles. Après avoir passé les quatre dernières semaines derrière les barreaux de cette prison d’Alger, Mohand Kadi et Moez Bennacir seront libres cet après-midi.

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