Ali Benflis, escorté par ses militants, entre au Conseil constitutionnel pour déposer son dossier de candidature. Le 4 mars 2014 à Alger.

Ali Benflis n’envisage pas de se soumettre aux diktats de la commission chargée par Abdelaziz Bouteflika d’entamer des discussions avec toutes les personnalités et formations politiques concernant le projet de la prochaine révision de la Constitution algérienne.

Pis encore, Ali Benflis ne donne aucun crédit à la bonne volonté affichée par le pouvoir en place pour mener jusqu’au bout ses consultations démocratiques. « Bouteflika n’a jamais recherché autre chose que le pouvoir personnel et il a fini par l’avoir », estime-t-il ainsi dans une « analyse des réformes politiques proposées dans le discours d’Abdelaziz Bouteflika et dont nous détenons une copie », explique mercredi le quotidien Liberté. Ali Benflis a fait aussi savoir dans cette réflexion que ces consultations qui seront prochainement entamées n’apporteront rien de nouveau à la scène politique algérienne. Et pour cause, « par cette démarche, le pouvoir en place refuse d’aller sur le terrain de l’opposition et cherche à la ramener sur le sien ; un terrain dont il a pris soin de baliser le pourtour et où il a fixé le jeu et les règles du jeu », déplore Ali Benflis.

D’autre part, l’ancien candidat à l’élection présidentielle du 17 avril dernier persiste à affirmer que « le pouvoir en place n’envisage qu’une révision constitutionnelle qu’il organiserait et contrôlerait lui-même et dont il déciderait seul du contenu ». Le pays subira donc, à en croire son analyse, une énième impasse politique. Ali Benflis va jusqu’à indiquer que le « mal n’est pas dans la Constitution algérienne. Il est dans ce système politique en place qui, lorsqu’il ne malmène pas la Constitution, fonctionne en dehors d’elle ». La prochaine révision de la Constitution ne servira donc à rien ? Oui, répond sans ambages Ali Benflis d’après lequel « la meilleure Constitution du monde ramenée en Algérie se révélerait rapidement sans effet en premier contact avec le système politique algérien ».