La crise de Ghardaïa tend à durer dans le temps. Il ne se passe plus un mois sans que des heurts se déclenchent entre des habitants mozabites et arabes. Samedi encore, des échauffourées ont éclaté en fin de journée entre les deux communautés de la vallée du M’zab.

De violents affrontements ont opposé des bandes de jeunes aux forces de l’ordre dans le quartier de Theniet El Makhzen et le  Ksar de Melika. Les deux parties, arabes et mozabites, voulaient à tout prix en découdre et plusieurs passants innocents ont été agressés. Les éléments des services de sécurité sont intervenus pour que les deux belligérants restent séparés. D’ailleurs, les blessés sont à compter seulement dans les rangs de la police. Une quinzaine de policiers blessés, dont des officiers, indique un bilan de la sûreté de la wilaya de Ghardaïa.

Concernant les dégâts matériels, en plus des devantures des hôtels situés dans le quartier de Theniet El Makhzen, deux habitations de Ksar de Melika ont été incendiées. A chaque fois, c’est le même scénario. Des jeunes cagoulés armés de barres de fer, de couteaux, de pierres et dressent des barricades à l’aide de pneus en feu. Les forces de l’ordre interviennent ensuite pour les disperser afin d’éviter que des batailles rangées se terminent par des hécatombes.

Manifestation à Alger

Ces échauffourées sont le prolongement des événements qui ont commencé depuis la fin de l’année passée. Depuis cette date-là, les émeutes surgissent au moindre incident opposant les membres des deux communautés. Classe politique et mouvement associatif mettent en cause les autorités qui peinent à trouver des solutions à un conflit qui s’aggrave chaque jour. Un conflit qui risque de s’aggraver d’avantage, surtout qu’il y a eu déjà morts d’homme. Face à cette flambée de violence, de haine et de communautarisme, des dizaines de mozabites établis à Alger ont organisé samedi un rassemblement à la Grande Poste pour réclamer la mobilisation de la société civile algérienne et l’intervention efficace de l’Etat à Ghardaïa. Les manifestants ont lancé un cri de détresse et on demandé de protéger la stabilité de Ghardaïa qui vacille depuis de longues semaines. « A qui profitent la fitna et la destruction à Ghardaïa ? », se sont-ils interrogés dans une géante banderole pour interpeller les citoyens et les pouvoirs publics.

Avec Elyas Nour

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