L’ancien chef de l’Armée islamique du Salut (AIS), Madani Mezrag, a demandé des « excuses à toutes les familles » qui ont perdu un « être cher » durant la décennie noire. Le chef terroriste, qui s’est exprimé dans une interview accordée au site d’information El-hadath, a donc fait un premier pas vers la repentance, même s’il a précisé qu’il n’est pas « responsable des massacres et viols collectifs ».

L’ancien chef terroriste, réhabilité par la loi sur la Concorde civile, indique dans cette interview qu’il ne peut admettre qu’une « mère pleure son enfant, ou une fille pleurer son père… ». Un remord de conscience ? Peut-être. Mais l’ancien dirigeant de l’AIS rappelle que s’il a été obligé de « tuer » c’est par simple esprit de « légitime défense ». Mais il ajoute qu’il n’a jamais été question de « tuer des innocents ou des enfants ». « Si ma personne suffit à éteindre le feu de la crise, pondez-moi à la Place des Martyrs. Je suis prêt à me sacrifier pour le bien de l’Algérie », a-t-il dit.

Madani Mezrag, qui est actif dans le commerce, annonce à la même occasion qu’il va convoquer, avec d’autres cadres du parti dissous, un « Congrès unificateur » qui permettra le retour du Front Islamique du Salut, dissous par la justice en 1992. Cette initiative se fera “avec tous les cadres du parti”, précise-t-il, même s’il ne peut pas nier le refus des fondateurs, notamment Ali Benhadj qui ne veut s’inscrire dans aucune logique de négociation avec le pouvoir. Plus que cela, Mezrag pense que si le projet du retour du FIS n’a pas abouti, ce « n’est pas la faute de Zerhouni », mais plutôt celle des cadres qui ne se sont pas entendus.

Rappelons enfin que Madani Mezrag est invité par Ahmed Ouyahia à participer aux consultations politiques qui auront lieu début juin. Le concerné a accepté l’invitation estimant qu’il est « prêt » à discuter avec tout le monde.

 Essaïd Wakli