Les négociations entre le groupe qatari beIN Sports, détenteur des droits de retransmission de la Coupe du Monde 2014 pour la région Nord-africaine et le Moyen-Orient, et la télévision algérienne n’ont pas encore abouti. Les Algériens ne savent toujours pas où ils pourront regarder les matchs de la Coupe du Monde.

En plus, même si l’ENTV réussit à «arracher» les droits, ce sera uniquement pour les matchs des Verts et éventuellement une demi-finale et la Finale. Le public algérien risque donc d’être privé de la majorité des rencontres de cette Coupe du Monde très attendue dans le monde entier.

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L’ «Unique» n’est pas en mesure d’acheter la totalité des rencontres. BEIN Sports ne semble pas aussi emballé à les vendre. Le groupe préfère commercialiser ses nouveaux décodeurs et cartes qui coûtent un peu plus de 30 000 dinars (3 millions de centimes). Un chiffre qui n’est pas à la portée de beaucoup d’amoureux du ballon rond. Ces derniers tenteront donc de se rabattre sur d’autres possibilités à commencer par la chaîne française TF1, qui a acquit les droits pour la France. Ceux qui sont intéressés devront, dans ce cas là, s’offrir un démodulateur officiel, qui décrypte la TNT française, à un un prix avoisinant les 10 000 dinars, ou opter pour un démo «pirate», comme ceux commercialisés jusque là sur le marché national.

Par ailleurs, la chaîne allemande ZDF, qui, selon certaines sources, allait diffuser tous les matchs en clair, a été «averti» par la FIFA, qui a annoncé, il y a une dizaine de jours, que la chaîne allemande a acquit uniquement les droits pour l’Allemagne, ce qui fait qu’elle n’a pas le droit de diffuser à l’extérieur de son territoire. En somme, c’est le flou total.

Il faut dire que c’est la politique commerciale de l’instance footballistique mondiale qui a «encouragé» ces monopoles. Des groupes médiatiques se sont accaparés les droits à grande échelle. Si beIN Sports s’est offert la région d’Afrique du Nord et du Moyen Orient, d’autres ont acquis une plus grande part du gateau. Le sud-africain Supersport International (PTY) Limited détient les droits de retransmission dans une quarantaine de pays africains ou International Media Content Ltd X avec sa filiale SPORTSMAX en Amérique du Sud.

Mais le problème ne se pose pas seulement au niveau de la FIFA. Toujours en Amérique du Sud, OTI (Organizacion de Telecomunicaciones Iberoamericanas) a acheté les droits, comme c’est également le cas de l’ EBU (European Broadcasting Union) en Europe. Ces deux entités ont leur équivalent en Afrique et dans le monde arabe. Il s’agit de l’URTNA (Union des radios et télévisions nationales d’Afrique) et de l’ASBU (Arab States Broadcasting Union). Il s’agit de regroupements de chaînes de télévisions publiques. Si en Amérique du Sud et en Europe ces «unions» réussissent à conquérir les droits de retransmission, comme d’autres chaînes ou groupes qui diffusent dans les mêmes régions (il n’y a pas d’exclusivité), ce n’est pas le cas en Afrique ou dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient où, apparemment, ses membres sont «moins actifs». Ce qui, bien évidemment, laisse la porte ouverte à beIN Sports pour tout rafler et imposer son diktat. Les Algériens en paient aujourd’hui le prix.

Elyas Nour