Les partis politiques ont commencé à recevoir les premières propositions qui intégreront éventuellement le projet de révision de la Constitution. Désormais leur tour est venu de commenter et de faire leur propres suggestions. Seront-ils à l’écoute ? Ahmed Ouyahia, chargé de mener les consultations, a affirmé que les rencontres avec les partis politiques seront sans limites.

La révision de la Constitution se fera avec l’opposition ou ne se fera pas. C’est un peu l’idée que cherche à communiquer Ahmed Ouyahia, en charge des consultations pour ce projet. Alors que les premières propositions ont été dévoilées et envoyées aux partis politiques, la question sur l’implication de ces acteurs politiques se pose. La révision est-elle déjà jouée d’avance, l’opposition sera-t-elle réellement consultée, ou servira-t-elle de caution morale et politique ? Autant de questions qui se posent à l’aune de ce projet visant à revoir les bases mêmes de l’Etat algérien. Ahmed Ouyahia a tenu à préciser que les « suggestions » qu’il a adressées aux partis politiques sont faites à « titre indicatif » sur la base du travail établi par la commission des experts juridiques.

Plusieurs propositions d’amendements de la Constitution ont déjà été évoquées. Certaines tiennent la route, alors que d’autres sont parfois étonnantes. Notamment, l’envie soudaine de réduire à deux le nombre de mandats présidentiels, de 5 ans chacun, ou encore l’obligation d’un candidat à la présidentielle de maintenir sa participation quoiqu’il arrive, sauf si un décès survient. Ahmed Ouyahia assure que rien n’est figé, et que les consultations seront entamées avec les acteurs de la vie politique et de la société civile et se feront à partir de juin  sans « aucune limite préalable » . Seuls les principes fondamentaux de la République algérienne ne seront pas remis en question.

Ahmed Ouyahia estime qu’il s’agit d’ « une démarche participative sincère afin de parvenir à l’élaboration d’un projet consensuel qui sera soumis soit à la procédure de révision constitutionnelle appropriée », soit par voie référendaire ou approbation par les deux chambres du parlement algérien. Une première réunion sera prévue fin mai afin de recueillir les « commentaires et propositions relatifs à la révision constitutionnelle » des acteurs politiques.

La rédaction avec APS