En dépit des démentis officiels apportés par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et d'autres hauts responsables algériens, les forces spéciales algériennes ont bel et bien commencé depuis au moins deux semaines des opérations commandos au sol dans le sud libyen, nous confirme une source sécuritaire algérienne.

"Ce sont des commandos qui pénètrent régulièrement sur le territoire libyen afin d'identifier des campements de groupes djihadistes. Les interventions de nos commandos sont ponctuelles et ne durent jamais longtemps. Du moins, aucun militaire algérien ne s'est installé sur le territoire libyen. Il s'agit uniquement de missions de reconnaissance et de renseignement", indique encore notre source selon laquelle, un campement militaire regroupant "quelques centaines d'éléments des forces spéciales" algériennes est installé dans la wilaya d'Illizi, à quelques Km du poste frontalier de Debdeb, situé à 220 de la daïra d'In Amenas.  Un avion en provenance de l'aéroport de Boufarik ravitaille presque quotidiennement ce campement des commandos algériens dont la principale mission est "de repérer des convois de combattants jugés suspects". Mais nos forces spéciales ont-elles attaqué d'ores et déjà des cibles sur le territoire libyen ? Il demeure difficile, jusqu’à cette heure-ci, de répondre précisément à cette question au regard du secret qui entoure le déroulement des opérations des forces spéciales Algériennes.

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Ceci dit, une chose est sûre : les informations sur une intervention militaire algérienne en libye se succèdent et confirment une foisplus grande implication de l'Algérie dans la crise libyenne. Après le quotidien El Watan quoi cite un média britannique, le magazine français Le nouvel Observateur a rapporté, lui aussi, mercredi que des commandos algériens et américains travaillent ensemble en Libye pour aider le général dissident Khalifa Hafter à éliminer les groupes djihadistes et à prendre le pouvoir.

Selon ce média français qui cite aussi une source militaire algérienne démentie, « ce sont bien les commandos du 4e régiment de parachutistes, appuyés par des hélicoptères de combat et les hommes du Groupe d'intervention spécial (GIS), l'équivalent du service Action de la DGSE, et leurs homologues américains du 317e escadron des Forces spéciales, qui sont sur le terrain ». La même publication qui cite une « source de renseignement occidentale » précise que ces militaires algériens sont chargés, avec les Américains, d'une délicate mission : « Il s'agit d'accompagner la prise du pouvoir, ou de récupérer vivant », en cas d'échec, l'ancien général libyen Khalifa Haftar, 71 ans.

La CIA envisage une exfiltration de son agent et de ses hommes lors qu’il a été blessé la semaine dernière, tout en maintenant l'autre option (prise du pouvoir par Hattar) sur la table. Elle sollicite l'aide de l'Algérie qui aurait accepté de soutenir les américains. Ses forces spéciales ont déjà mené un raid, avec succès, en territoire libyen. C'était le 24 octobre 2013 pour anéantir un campement d'AQMI, note, pour sa part, le journaliste du Nouvel observateur. Rappelons enfin qu'officiellement, l’Algérie continue de démentir toujours toute intervention militaire en dehors de son territoire.