Dans un communiqué publié ce 5 juin, Amnesty International Algérie rappelle que les préparatifs du Mondial au Brésil ne font pas toujours l’unanimité… surtout chez les Brésiliens. L’ONG critique en effet les violences policières et l’impunité qui représentent une « menace » susceptible de « ternir la Coupe du Monde ».

Alors que les Brésiliens sont mécontents de leurs conditions de vie, que des sommes faramineuses sont dépensées pour la Coupe du Monde, que les manifestants sont plus que jamais réprimés par des autorités qui veulent éviter toutes émeutes à l’approche du Mondial, et alors que les yeux sont rivés sur le Brésil, Amnesty International Algérie en profite pour alarmer sur le non-respect du droit de manifester. « Manifester n’est pas un crime, c’est un droit humain » rappelle l’ONG.

Amnesty International se mobilise pour le droit de manifester au Brésil

Les répressions envers les manifestants au Brésil inquiètent et indignent Amnesty International. En effet, selon le rapport intitulé « Ils utilisent une stratégie de la peur : Protéger le droit de manifester au Brésil » (They use a strategy of fear : Protecting the right to protest in Brazil »), de nombreux abus ont été commis par les forces de sécurité brésiliennes dernièrement. Par abus, il faut entendre « un recours sans discernement au gaz lacrymogène et aux balles en caoutchouc contre des manifestants pacifiques, des arrestations arbitraires et une utilisation abusive de certaines lois afin de bloquer et de sanctionner les personnes descendues dans la rue”. Pour Amnesty International, “il est probable que ces tactiques continuent à être utilisées durant la compétition”. Amnesty alarme donc l’opinion publique sur le risque encouru par les manifestants au Brésil durant la Coupe du Monde. Selon l’ONG, qui milite pour les droit de l’homme, les manifestants « risquent d’être victime de violences policières et militaires aveugles ». En effet, « les autorités renforcent les initiatives à contrôler les actions de protestations » qui se multiplient à l’approche du Mondial très critiqué par les citoyens brésiliens.

 Des manifestations pacifiques violemment réprimées

Depuis juin 2013, des milliers de Brésiliens sont descendus dans la rue « dans le cadre de manifestations de masse sans précédent » au Brésil, nous fait savoir le rapport. Les Brésiliens protestent entre autres contre l’augmentation des prix et les dépenses folles pour la Coupe du Monde. Lors de ces manifestations pacifiques, « des centaines de personnes ont été blessées » par des balles en caoutchouc, des coups de matraque ou des gaz lacrymogènes s’indigne Amnesty.

Un défi pour les autorités brésiliennes

« Le bilan déficient du Brésil en ce qui concerne le maintien de l’ordre, la tendance des autorités à s’appuyer sur l’armée pour maîtriser les manifestations, l’absence de formation et le climat d’impunité constituent un dangereux mélange, dans lequel les seuls perdants sont les manifestants non violents », a déclaré Atila Roque, le directeur d’Amnesty International au Brésil. Ainsi, le défi des autorités au Brésil durant le Mondial est de maintenir l’ordre en s’abstenant de commettre des « violations des droits humains » explique Atila Roque. Ce dernier ajoute qu’« à l’heure où les regards se braquent sur le Brésil, les autorités doivent publiquement s’engager à ne pas recourir à une force excessive contre les manifestants et à enquêter sur les violations éventuelles. S’en dispenser reviendrait à autoriser les forces de sécurité à commettre d’autres atteintes aux droits humains ».

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