Laurent Fabius, le ministre des Affaires Etrangères français en visite à Alger pour deux jours a abordé plusieurs sujets régionaux et économique liant la France et l’Algérie. L’occasion pour le chef de la diplomatie de faire le bilan sur les relations bilatérales des deux Etats.

Mali, Libye, gaz de schiste… Les ministres des affaires étrangères algériens et français ont passé en revue les thèmes de sécurité régionale ou encore économique. Et sur tous les thèmes les deux pays s’entendent à merveille… C’est du moins ce que voulaient laisser transparaître les deux ministres Ramtane Lamamra et Laurent Fabius à l’issue de leur entretien. Alors que la presse faisait écho de complications entre les deux diplomaties notamment au lendemain du refus de l’Algérie d’autoriser le juge Marc Trévidic à enquêter sur les moines de Tibhirine ou encore de livrer Khalifa, dont le procès s’est ouvert la semaine dernière à Nanterre, l’Algérie et la France affirment que leurs relations sont au beau fixe.  Laurent Fabius a insisté sur les « visions convergentes voire identiques » des deux pays, et « communes sur des sujets qui préoccupent les deux pays comme le Mali ». Indiquant que les deux pays sont « des pays de paix qui luttent pour la paix ». Les deux ministres sont revenus sur leur gestion des crises au Mali et en Libye. Deux pays voisins de l’Algérie, et où la France avait pris le parti d’intervenir.

Pas d’ingérence dans l’exploitation du gaz de schiste

Mais Laurent Fabius n’est pas seulement venu pour vanter les mérites d’une entente diplomatique parfaite entre l’Algérie et la France mais aussi pour aborder les échanges économiques que peuvent construire les deux pays. A cet effet, accompagné d’une délégation composée d’une trentaine d’hommes d’affaires, afin d’explorer les potentiels marchés pour les investisseurs français. Justement sur le champ économique Laurent Fabius n’a pas échappé à une question sur la possibilité que Total soit choisi pour exploiter le gaz de schiste en Algérie. De récentes informations indiquaient que la France faisait du lobbying pour convaincre l’Algérie d’octroyer ce marché au géant français Total. « Il n’en est rien », a répondu le ministre français. « Je ne sais pas s’il faut s’en désoler ou s’en féliciter. Mais la capacité d’influence de la France sur les multinationales date d’une époque bien lointaine, si tenté qu’il y en ai déjà eu une. Le choix du partenaire pour exploiter le gaz de schiste appartient à l’Algérie a insisté le ministre français, qui a précisé que « la France n’a pas à s’ingérer ». Ramtane Lamamra a tenu à rappeler que « nous sommes encore loin du choix de l’entreprise, du partenaire ou de l’avis d’appel d’offres ».

D’autres projets seraient donc à prévoir outre l’énergie. Le chef de la diplomatie française s’entretiendra certainement à ce sujet avec Abdelmalek Sellal, et le ministre de l’Industrie, Abdesselam Bouchouareb qui le recevront aujourd’hui lundi. Il est à prévoir que des partenariats voient le jour, mais rien n’a été indiqué par le ministre français. Enfin Laurent Fabius achèvera sa visite par une rencontre ce lundi avec Abdelaziz Bouteflika.