Le gaz de schiste continue de préoccuper l'opinion publique algérienne. Sur les réseaux sociaux, une campagne de dénonciation a été lancée pour empêcher l'exploitation de cette source d'énergie très polluante. De nombreux activistes et militants algériens continent d'affirmer que ce nouveau projet est un cadeau des autorités algériennes aux multinationales.

Sur Facebook, une carte montrant la répartition des gisements de gaz de schiste au profit des sociétés internationales spécialisées dans l'exploitation et le commerce des hydrocarbures a été massivement diffusée pour interpeller l'opinion publique. Sur cette carte, on retrouve tous les noms des principales multinationales qui se sont lancées dans la course à l'exploration du gaz de schiste algérien. Alerter les consciences pour mobiliser l'opinion publique, telle est la stratégie que semblent adopter les militants anti-gaz de schiste. Plusieurs pages Facebook ont ainsi été lancées pour susciter la révolte des Algériens. Demain, samedi, le Mouvement "Barakat!" tiendra une "conférence  de presse populaire" à la Grande Poste d'Alger, à partir de 14h00, "pour dénoncer l'exploitation de gaz de schiste", considérée par les militants comme une véritable atteinte à "la souveraineté nationale". Une première manifestation contre le gaz de schiste avait été organisée mardi 3 juin à Adrar, au sud du pays, par des dizaines de citoyens opposés à l'exploitation des gisements de cette région.

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L'opposition à l'exploitation du gaz de schiste n'est pas seulement l'apanage de la blogosphère algérienne. D'anciens hauts responsables de la Sonatrach, compagnie algérienne des hydrocarbures, affirment tout haut leur désaccord avec le gouvernement et expriment leur indignation. Il en est ainsi de de l'ancien PDG du groupe public Sonatrach, Nazim Zouioueche, qui a estimé dans une déclaration à l'AFP que la décision d'autoriser l'exploitation du gaz de schiste "est hâtive et ne tient pas compte de tous les aléas".  Hocine Malti, ancien vice-président de Sonatrach, a même publié une lettre ouverte à M. Bouteflika, sous le titre "Algériens, indignez-vous!"

De nombreux autres acteurs politiques et associatifs ont réclamé un référendum ou un débat national sur cette question qui engage l'avenir énergétique de notre pays. Mais le gouvernement fait la sourde oreille. Le ministre de l’Énergie, Youcef Yousfi, persiste à affirmer que ne pas envisager l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels serait un acte "irresponsable".