L’ancien homme d’affaires algérien de 47 ansAbdelmoumène Khelifa, comparait pour « banqueroute » et « détournement de fonds » devant le tribunal correctionnel de Nanterre, dans la région parisienne. Le procès a débuté ce lundi 2 juin et se tiendra jusqu’au samedi 21 juin.

Jugé par défaut 

Le procès se fera en l’absence du principal intéressé. Paris a bien demandé à Alger d’ « emprunter » l’ancien milliardaire algérien le temps du procès. Ce dernier est en effet actuellement emprisonné à la prison d’El Harrach. Mais, comme l’explique Fabienne Sireday-Garnier, présidente de la 14ème chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre, “les tractations avec l’Algérie n’ont pas abouti : il ne nous a pas été prêté. Ce procès se tiendra donc en son absence”, à Nanterre car les principales activités du Groupe Khalifa se trouvaient dans cette ville de la région parisienne.

Des interrogations sur son ascension « fulgurante »

Tombé en 2002 et emprisonné depuis, Khalifa avait connu une ascension « fulgurante », selon les propos de Fabienne Siredey-Garnier, dans le domaine des affaires. Il a très rapidement fait fortune, peut-être trop rapidement, selon le tribunal de Nanterre. C’est cette particularité de son parcours qui a été étudiée lors de cette journée d’ouverture du procès. Fabienne Siredey-Garnier s’interroge ainsi : “Dans quel contexte cet homme a pu constituer un tel empire qui s’est effondré aussi vite qu’il s’était créé ?”, lors de l’ouverture des débats.

Une avocate des parties civiles, Elisabeth Maisondieu-Camus, a soulevé, quant à elle, la question du détournement d’argent « des déposants, pour financer ses sociétés » tout en encourageant à ne pas oublier « que sa mise de départ était confortable, mais certainement pas considérable ». Certains évoquent “une opération de blanchiment des fonds secrets du Front de libération nationale” ou “un détournement de la rente pétrolière et gazière” perçue par Alger, a indiqué Fabienne Siredey-Garnier.

Ainsi, le procès tentera, dans un premier temps, de faire la lumière sur la soudaine fortune de celui qu’on a surnommé le « Bill Gates africain ».

12 prévenus dans cette affaire

Dans cette affaire, il y a 12 prévenus. 9 prévenus étaient présents ce matin au procès, un est décédé et un autre empêché pour raison de santé. Parmi ces prévenus, certains ont déjà été condamnés, par le tribunal criminel de Blida, à des peines de prison en mars 2007. Parmi les autres personnes poursuivies, figurent son ex-femme Nadia Amirouchen, un notaire, des anciens représentants de l’entreprise en France, ainsi qu’un constructeur et équipementier aéronautique.

Du coté algérien, la justice au point mort

Khalifa est en prison en Algérie, incarcéré pour « affaire similaire », depuis décembre 2013, lors de son extradition par les autorités britanniques, indique l’APS. Il y avait été condamné, en 2007, par contumace à la réclusion perpétuelle pour « association de malfaiteurs » et « faillite frauduleuse ». Cependant, en 2012, la cour suprême algérienne a annulé cette condamnation. Le « Golden Boy d’Alger » doit donc être jugé à nouveau en Algérie, mais le procès ne voit pas le jour.