Le secrétaire général de la puissante organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou, a nié toute participation des militaires algériens au défilé du 14 juillet à Paris. «Il n’a jamais été question de présence de soldats algériens au défilé de la fête nationale française. Le sujet ne doit même pas être abordé tant que le sujet de la criminalisation du colonialisme n’est pas réglé», a indiqué Saïd Abadou dans une déclaration au quotidien arabophone El Khabar.

« On peut imaginer un défilé militaire ensemble lors que l’ancienne puissance coloniale présentera ses excuses pour les crimes commis en Algérie », a-t-il ajouté. L’ancien ministre des moudjahidine s’exprime ainsi à la place des autorités algériennes totalement absentes du débat. Car, du coté français, la polémique ne cesse d’enfler. Des militants de l’extrême droite française et des familles de harkis s’agitent pour créer un « front contre la présence de militaires algériens aux Champs-Élysées ». Ces derniers s’appuient, dans leurs plaidoiries, sur des déclarations attribuées au ministère français de la défense.

 «C’est une preuve que nous sommes rentrés dans une phase pacifiée avec l’Algérie », indique le ministère français de la défense cité par l’AFP. Jean-Yves Le Drian, qui s’est rendu en Algérie le 20 mai, « s’est fait confirmer par les autorités algériennes leur volonté historique d’y participer », dit-il également. Dans l’entourage du ministre français des anciens combattants, Kader Arif, on rappelle que « 173.000 combattants qui habitaient l’Algérie sans distinction de confession sont venus combattre (pendant la guerre 14-18), 23.000 ont été tués (…) la France reconnaît le sacrifice de leurs pères et de leurs grands-pères », a-t-il argumenté. Par ailleurs, « il ne faut pas mélanger les conflits, il ne s’agit pas de la guerre d’Algérie », ajoute le ministre. La déclaration de Abdou mettera-t-elle fin aux polémiques franco-françaises ?

Essaïd Wakli