Un match de 90 minutes pour changer l’histoire  de l’ Algérie. 90 minutes durant lesquelles les Verts ont souffert. 90 minutes durant lesquelles nous avons retenu notre souffle. Les Fennecs ont arraché leur qualification, et ont mérité ce 26 juin 2014 toute la fierté d’un pays amoureux du ballon rond. Quelle soirée !

Ce n’est pas une déclaration d’amour que les Algériens avaient envie de faire jeudi soir à leur équipe nationale de football mais une demande en mariage, tant elle leur a offert du bonheur. Ils ont embrassé le sol algérien, pleuré toutes les larmes de leur corps, prier et remercier Dieu. Puis ils ont compris que l’Algérie, pour la première fois de l’histoire allait se battre au deuxième tour de la Coupe du Monde contre les meilleures équipes de la planète.

Mondial 2014 - supporter à Alger

La soirée commençait pourtant difficilement. A Alger l’heure était à la fête dès le matin, drapeaux à tout va, chants de fans en boucle, stock de feu d’artifice. Tout portait à croire que les supporters croyaient plus que tout à la qualification des Fennecs remontés à bloc depuis leur victoire contre la Corée du Sud 4 à 1. Mais les paroles ne suivaient pas les gestes. Tout est possible, inch’allah, enfin on verra, du moins on espère… était le discours dominant. Et puis les heures ont passé, et la confiance est arrivée. Les Verts en sont capables, ils ont, en tout cas, réussi à convaincre 38 millions d’Algériens de les soutenir et de croire en leur talent malgré les critiques, les doutes.

De la douleur…

Il est 21h quand l’Algérie commence à retenir son souffle. Des milliers d’algériens ont afflué vers le centre ville d’Alger pour regarder tous ensemble le match sur un écran géant. L’union fait la force, dit-on ? Les supporters s’allient pour porter leur voix, peut-être qu’en dépit des milliers de km qui les séparent des Verts au Brésil leurs chants seront entendus. Qassaman est entonnée pour nous porter bonheur, et nous rappeler que l’Algérie a parcouru bien du chemin. « Il y a 10 ans, on ne nous autorisait pas à jouer au football dans la rue et aujourd’hui on est au Mondial! » lance ému un fervent supporter algérien. L’Algérie a décidé d’être heureuse ce soir.

Mondial 2014 Algérie qualifiée

Un bonheur contrarié malheureusement ce 26 juin. La première mi-temps est un coup de massue. Actions ratées, joueurs stressés, l’enjeu est de taille et la Russie ne se laisse pas faire. Les hommes d’Halilhodzic vont-ils abdiquer ? « Ils sont trop tendus », « ils se laissent trop faire », entend-on dans une foule de supporters tendus. Des milliers de personnes rythment leur respiration par rapport aux coups de pieds des 11 fennecs qui se battent tant bien que mal contre des Russes offensifs. Et le premier but arrive. Aïe ! C’est la Russie qui parvient à tromper la vigilance, pourtant aïgue de Raïs M’Bolhi.

Dans la foule, on se demande si on doit encore y croire. Certains laissent transparaître leur déception, ou leur tristesse, d’autres tournent complètement le dos à l’écran. « S’ils marquent un deuxième but, je rentre chez moi sans regarder la fin du match », lâche une jeune femme. Perdre aux portes des 8e de finale, c’est impossible à accepter.

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… à la « Vertuosité » de Slimani

La deuxième mi-temps est la chance des Fennecs qui se sont laissés abattre par un premier but russe. Il leur suffit d’égaliser pour décrocher cette place au second tour. Il le faut maintenant. C’est à la 60e minute que Slimani nous offre la délivrance. Un but enfin !

Plus que 30 minutes à tenir, on l’a presque. La tension monte d’un cran. Les doigts se lèvent vers le ciel pour faire une dernière chahada. Les mains se tendent pour prier et supplier que la victoire soit pour les Fennecs.

Des larmes commencent  à perler sur les joues, des femmes comme des hommes. Dans un dernier souffle on se demande « on va l’avoir, on va l’avoir ? » et à l’issue des 3 minutes de temps additionnel on sait que c’est gagné mais quelques secondes de flottement gagne les supporters amassés devant l’écran géant. « On l’a vraiment fait ? ». Et boum, les feux d’artifices explosent. « 1,2,3 viva l’Algérie », les supporters exultent. Les algériens se roulent par terre, s’embrassent, pleurent.

Les drapeaux volent, les journaliste lâchent leurs micros et leurs caméras pour se jeter dans la foule. Des scènes de liesse que l’Algérie n’a pas connu depuis bien longtemps. Les femmes sortent avec leurs enfants des maisons, les jeunes lancent leurs voitures dans des cortèges à l’honneur des Verts, les pères de famille pleurent d’émotion et se souviennent du dernier moment de communion semblable à ce qu’ils vivent ce soir.

Il est 3h20 du matin lorsque ces dernières lignes sont écrites, l’appel à la prière résonne dans Alger qui ne s’est toujours pas couchée et se mêle aux coups de klaxons et youyous. Ce n’est que du sport, un simple ballon dans des filets, mais un drapeau porté fièrement, une nation présentée au monde entier. Bref, les Verts on vous aime !