Benbitour_ahmed

L’Algérie connaîtra demain le plus grand rassemblement des forces de l’opposition depuis l’indépendance du pays. Environ 200 personnalités et partis politiques vont se réunir à l’hôtel Mazafran, situé à l’Ouest d’Alger, à partir de 13h, afin de discuter de l’avenir du pays.

Initiée par la Coordination nationale pour les libertés et une transition démocratique (CNLTD), cette réunion présidée par Ahmed Benbitour, accompagné par Salah Dabouz de la LADDH; va aborder des questions sérieuses à l’image de la manière avec laquelle l’opposition prévoit l’avenir du pays. Des discussions auront lieu entre les présents. Et pour ne pas froisser leurs hôtes, les membres de la CNTLD ont décidé d’accorder le même temps de parole à tout le monde. Chaque intervenant, qui il soit, aura 5 minutes pour exposer ses idées. « Nous voulons faire l’inverse de ce que fait l’Etat. Ahmed Ouyahia choisit avec qui il parle. Nous nous donnons la parole à tous », indique un membre de la CNTLD. Cette conférence va être sanctionnée par une plate-forme que l’opposition va présenter au pouvoir pour d’éventuelles négociations afin de parvenir à une période de transition qui devra mettre le pays sur les rails.

En plus des partis qui composent la CNLTD, des personnalités importants et de grands partis vont assister à cette rencontre. Il s’agit de Ali Benflis, Mouloud Hamrouche, Sid-Ahmed Ghozali et Ali-yahia Abdenour. Des partis comme le FFS et le PLJ ont fini par décider de faire partie de ce rendez-vous historique qui aura pour tâche de définir une autre feuille de route que celle que propose le pouvoir. Après cette conférence l’opposition pourra faire recours aux actions de rue pour « changer le rapport de forces et amener le pouvoir à négocier », dit-on du coté de la coordination.

Le pouvoir de son coté ne veut plus entendre parler de « transition ». « Je ne reconnais pas cette histoire de transition », a répondu Abdelmalek Sellal depuis l’APN où il a présenté le plan d’action de son gouvernement. Autre signe qui ne trompe pas sur les intentions des autorités : malgré l’importance du rendez-vous et la qualité des invités, les médias officiels ont préféré faire l’impasse sur l’information. La rencontre va être couverte par des dizaines de journalistes algériens et étrangers.  Quant au lieu de la réunion, il a été incertain jusqu’au dernier moment. Après le refus de l’hôtel Hilton, le Mazafran a failli refuser hier soir de recevoir les opposants, avant de se rétracter, nous informe l’un des organisateurs.

Essaïd Wakli