Le 3 Juin a eu lieu l’élection présidentielle en Syrie, 7 ans après le dernier vote. Bachar Al Assad s’est présenté pour un troisième mandat consécutif de 7 ans. Face à lui deux autres candidats se sont également présentés, pour la première fois, dans la Syrie Baathiste. Tout semblerait normal donc, si le pays n’était pas plongé dans une guerre civile, où le principal accusé est Bachar Al Assad lui même…

Les bureaux de vote ont été ouverts en Syrie le 3 Juin, alors que le pays connait, depuis 3 ans, des violences inouies, qui ont fait environ 160 000 morts et 2,5 millions de réfugiés. Malgré la situation, Bachar Al Assad brigue un troisième mandat consécutif et est annoncé favori. Les Syriens de l’étranger ont, quant à eux, voté le 28 mai dernier, au Liban, notamment, où 200 000 réfugiés syriens ont votés. Cependant, les élections n’ont pas été organisées en France, Belgique et Allemagne.

« Premières élections libres »

En situation délicate, Bachar Al Assad opte pour des élections « démocratiques ». Pour la première fois en Syrie, depuis que le parti Baath est au pouvoir, ont lieu des élections « libres ». En effet, institué par la réforme constitutionnelle, plusieurs candidats peuvent désormais se présenter à l’élection. Auparavant, un seul candidat était autorisé à se présenter aux élections présidentielles en Syrie. Le dernier « plébiscite » de Bachar Al Assad avait rapporté 97,6% des voix, il y a 7 ans.

Une élection interdite en France, Belgique et Allemagne

En France, Allemagne et Belgique, les ressortissants syriens n’ont pas pu participer au vote, car l’élection a été interdite par les autorités locales, la qualifiant « d’absurdité ». Le ministre  français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a en effet qualifié cette élection de « farce tragique ». Pour lui, Bachar al Assad « ne saurait représenter l’avenir du peuple syrien », selon des propos rapportés par l’AFP.

Une élection jouée d’avance

Bachar Al Assad est annoncé gagnant face à deux autres candidats « fantoches » dans cette élection qui semble gagnée d’avance. Voici pourquoi.

Tout d’abord, nul ne peut totalement nier l’existence d’un certain soutien populaire à Bachar Al-Assad. Par exemple, selon un rapport des services de renseignements américains, 75% des Syriens seraient favorables au maintien de Bachar el-Assad au pouvoir, a indiqué RFI. Selon cette même source, un habitant d’Alep-ouest a déclaré : « Je me considère comme un démocrate, je suis donc contre le parti unique et je m’oppose à ce qu’un président soit élu à vie. Mais dans les circonstances actuelles, alors que des forces terroristes attaquent la Syrie, il est primordial d’élire un président qui puisse réunifier le pays. A mon avis, la seule personne qui puisse y parvenir : c’est Bachar el-Assad ». Ainsi, pour une partie de la population syrienne, Bachar Al-Assad garde toute sa légitimité en temps que protecteur des minorités, dans un pays où cohabitent différentes religions. À l’heure où les rebelles affichent clairement leur islamisme, les minorités syriennes s’inquiètent sur leur devenir et préfèrent soutenir le Président syrien, optant ainsi pour la stabilité.

De plus, les deux autres candidats sont peu connus. Il s’agit de Maher Al-Hajjar, un député, et de Hassan al-Nouri, un ancien membre du gouvernement. Qualifiés de « candidats fantoches » et de « faire-valoir » par l’opposition, cette dernière a appellé au Boycott.

Quant à savoir si les élections ont été truquées, rien n’est moins incertain. En effet, une délégations d’observateurs a bien surveillé le scrutin, mais les superviseurs viennent uniquement des pays alliés de la Syrie : Iran, Russie, Ouganda, Venezuela, Tadjikistan…

Mais surtout, organiser des élections présidentielles alors que le pays connaît une guerre civile extrêmement violente semble relever de la folie. Premières conséquences de la guerre civile, seuls les habitants des zones contrôlées ont pu voter, c’est à dire 60 % de la population. Ainsi, les conditions sécuritaires ont forcément eu un impact sur la participation.