Les dernières sorties médiatiques du ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, dérangent. En affichant la volonté de l’Etat de protéger toutes les confessions en Algérie et la possibilité de la réouverture de certains lieux de culte non musulmans, notamment les synagogues, le ministre a concentré sur lui les attaques de certaines parties rétrogrades, notamment les extrémistes Salafistes qui n’ont pas digéré les paroles d’ouverture du nouveau ministre. 

A l’avant-garde du combat rétrograde, un mouvement salafiste nommé le « Front de la Sahwa libre » vient de rendre public un communiqué virulent mettant en garde le ministre des Affaires religieuses et l’Etat algérien contre toute ouverture de lieux de culte non musulmans qu’ils soient juifs ou chrétiens. L’ouverture des lieux de culte est « une attaque contre le peuple algérien et sa religion » écrit ce mouvement sur son site internet. Ce mouvement salafiste dénonce aussi « les propos du ministre » et appelle le « régime algérien à ne pas ouvrir les églises et les synagogues sous quelque forme que ce soit ». Il explique sa position par un consensus des « oulémas » musulmans sur l’interdiction d’ouvrir des lieux de culte non musulmans après l’apparition de l’Islam. Une manière de signifier les salafistes et ses adeptes ont peur que l’Islam soit menacé par l’ouverture des synagogues ou églises ! Et pourtant, les salafistes semblent oublier le ministre des Affaires religieuses est lui-même un bon connaisseur de la religion musulmane.

D’autres attaques sont exprimées sur les réseaux sociaux et pas seulement contre l’ouverture de lieux de culte. Beaucoup reprochent à Mohamed Aïssa son ouverture d’esprit et ses positions favorables à la tolérance ! Ils dénoncent les propos de ce dernier considérant que le « jeûne est une affaire strictement privée ». Le discours salafiste en Algérie se radicalise de plus en plus et risque d’empêcher la société d’avancer vers la voie du progrès.

Essaïd Wakli

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