Selon le président de la Commission nationale des fatwas au Haut conseil islamique, cheikh Mohamed-Chérif Kaher, l’état algérien doit se montrer intransigeant vis-à-vis des non-jeûneurs qui appellent à violer l’un des préceptes fondamentaux de l’Islam.

Vendredi, cheikh Mohamed-Chérif Kaher a fait une sortie médiatique très controversée. En effet, dans les colonnes du quotidien d’information arabophone Echourouk, cette personnalité religieuse a revendiqué un traitement musclé envers tous ceux qui appellent à violer le devoir du jeûne. Qualifiant l’acte des non-jeûneurs comme « une grave atteinte à l’Islam, au pays, à la mémoire des chouhadas et des moudjahidines et un outrage à la souveraineté de l’État algérien »,  le président de la Commission nationale des fatwas au Haut conseil islamique a exigé une riposte ferme contre les non-jeûneurs.

À ce titre, cheikh Mohamed-Chérif Kaher a souligné que les services de sécurité sont « responsables devant Dieu et le pays et doivent freiner ce mouvement qui viole un précepte premier de l’Islam, religion de l’Etat et reconnue par la Constitution ». Cheikh Mohamed-Chérif Kaher est même allé jusqu’à appeler tous les musulmans algériens à riposter contre « cette provocation » en organisant un f’tour collectif à ciel ouvert qui « rassemblera tous les fidèles » dans le cas où l’Etat algérien ne « prend pas les dispositions nécessaires pour s’opposer à cet acte qui porte atteinte à l’Algérie et à la religion musulmane », a-t-il ajouté.

Qualifiant les personnes derrière ce rassemblement de non-jeûneurs d’apostats et de non-croyants, le cheikh exige que les autorités et de l’État algérien les emprisonne et de «les oblige à jeûner». Il a ajouté que ces apostats doivent être jugés en fonction de ce que dicte l’islam.

De son côté, le président du conseil national de l’Association des ulémas musulmans algériens, Abderrezak Guessoum a qualifié, lui-aussi, cet acte de « provocation » et a exigé que l’Etat algérien « intervienne de façon sévère pour arrêter ces apostats qui menacent la stabilité de l’Algérie en portant atteinte à sa religion ».

Il est à rappeler que le code pénal algérien, dans son article 144 bis 2, stipule clairement : « Est puni d’un emprisonnement de trois (3) ans à cinq (5) ans et d’une amende de cinquante mille (50.000) DA à cent mille (100.000) DA, ou l’une de ces deux peines seulement, quiconque offense le prophète (paix et salut soient sur lui) et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam, que ce soit par voie d’écrit, de dessin, de déclaration ou tout autre moyen ». Mais cette année, aucun « non-jeûneur » n’a encore été inquiété par les autorités ou les services de sécurité.