La nouvelle agression israélienne contre Gaza soulève des scandales bien algériens. Un nouvel appel au don au profit de la population palestinienne ravive donc des souvenirs d’une opération similaire qui s’est produite en 2010 et en 2012. A cette époque, des donateurs algériens, se comptant par milliers, avaient offert leur argent pour aider une population gazaouie sinistrée. Des années après, seules quelques petites sommes sont arrivées à destination. Le sort du reste de l’argent reste encore inconnu.

Des associations et de simples citoyens rechignent aujourd’hui à refaire la même expérience. Ils pensent que la destination de leurs dons reste inconnue, malgré les assurances des collecteurs. Cette fois encore, plus de 50 associations, parmi lesquelles l’association des Oulémas Musulmans Algériens, ont affiché leurs comptes bancaires et postaux en vue de collecter les dons. Mais elles n’arrivent toujours pas à mobiliser à cause d’un manque de confiance.

Une situation qu’a récemment reconnue le ministre des Affaires Religieuses, Mohamed Aïssa. Ce dernier a indiqué, dans une interview accordée au quotidien arabophone El Khabar, que beaucoup d’argent n’est pas arrivé à destination. Mais il a fait savoir également que des sommes conséquentes se trouvent aussi dans les comptes bancaires de beaucoup d’associations et qu’il ne faut pas s’inquiéter sur le sort de cet argent. Par contre, le ministre n’a pas spécifié pourquoi tout cet argent n’a pas encore profité à la population de Gaza.

Cette nouvelle polémique rappelle étrangement les multiples dénonciations de précédentes opérations humanitaires organisées en Algérie. Au début des années 1990, des milliards avaient été collectés pour un téléthon. Rien de concret n’avait ensuite été accompli. L’argent a disparu et les autorités du pays sont restées sans voix. Les corrompus ont-ils gangrené tous les secteurs au point d’atteindre même celui de la solidarité ?

 

Essaïd Wakli

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