Abdelaziz Bouteflika évite la polémique. Alors que trois soldats algériens, emmenés par le ministre de l’Energie, Youcef Youcefi, ont défilé ce lundi matin, drapeau algérien à la main, dans la capitale française, le chef de l’Etat envoie un message de gratitude à François Hollande.

Si les Algériens et les Français ne semblaient pas séduits par l’idée de voir nos militaires défiler aux côtés des soldats français lors de la fête nationale française, Abdelaziz Bouteflika a applaudi l’invitation de la France faite à l’armée algérienne. A l’issue du défilé du 14 juillet, il a adressé un message officiel, relayé par l’agence de presse officielle APS dans lequel il remercie et félicite François Hollande.

« En décidant de rendre hommage aux milliers de victimes algériennes de la première guerre mondiale, à l’occasion de ces célébrations du 14 Juillet, vous avez su, M. le président, reconnaître les sacrifices du peuple algérien  et son attachement aux idéaux de liberté qui lui ont permis de recouvrer chèrement son indépendance et sa souveraineté et de participer au recouvrement de la liberté  du peuple français », écrit Abdelaziz Bouteflika, qui ajoute que « cette reconnaissance des sacrifices du peuple algérien nous conforte dans notre élan partagé de construire, entre nos deux pays, un partenariat d’exception qui répond à nos intérêts mutuels et aux attentes de nos deux peuples ».

Le chef de l’Etat ne veut visiblement pas arrêter l’horloge au passé commun entre les deux pays. Il fait le lien avec le présent. « Depuis votre visite d’Etat en Algérie, en décembre 2012, nous avons  su éviter les clivages suscités par un passé douloureux, en ouvrant tous les  dossiers liés à la mémoire commune de nos deux peuples, dans un esprit constructif  qui, j’en suis certain, permettra de consolider nos relations dans tous les  domaines », rappelle ainsi Abdelaziz Bouteflika, dans son message écrit.

La participation algérienne au défilé de 14 juillet, qui marque cette année le centenaire de la première guerre mondiale, a provoqué des polémiques autant à Alger qu’à Paris. En France, c’est le Front national, des groupes de harkis et d’extrême droite qui ont affiché leur hostilité à la présence de militaires algériens. En Algérie, ce sont notamment les moudjahidines et certains partis politiques qui ont dénoncé cette action. Encore après le passage des trois officiers sur les pavés des Champs-Elysées, les internautes algériens critiquaient la présence d’une partie de leur Garde républicaine à ces festivités.

Essaîd Wakli