A Paris, l’enquête sur les circonstances du crash du vol AH 5017 d’Air Algérie, qui devait relier Ouagadougou à Alger vendredi dernier, avance. L’avion affrété auprès de la compagnie espagnole Swiftair a tenté de faire demi-tour pour éviter un orage avant d’entamer une « chute vertigineuse », révèlent ainsi les images radar du contrôle aérien burkinabé. Et d’après les enquêteurs français, « aucun corps intègre » n’a été retrouvé.

La piste d’un accident causé principalement par des conditions météorologiques extrêmes semble se préciser. Cinq jours après le crash du vol AH 5017 Ougadougou-Alger, survenu dans la nuit du 24 au 25 juillet, une cinquantaine de minutes après le décollage, les images radar du contrôle aérien burkinabé ont été examinées. Présentées à la presse mardi, ces images montrent le MD-83, affrété par Air Algérie auprès de la compagnie espagnole Swiftair, quittant l’aéroport de Ougadougou, mettre le cap sur Alger et, peu de temps après le décollage, dévier de sa route initiale. On voit effectivement l’avion transportant 118 passagers faire demi-tour pour éviter un violent orage. C’est lorsqu’il a tenté de revenir sur son itinéraire prévu que l’engin s’est retrouvé piégé par un cumulonimbus, indique à la presse le général Gilbert Diendéré, coordonnateur de la cellule de crise au Burkina Faso. « Le pilote a peut-être pensé qu’il l’avait complètement évité et a voulu revenir sur la droite afin de reprendre son itinéraire initial. Et c’est en faisant cette manœuvre, à ce niveau, que l’accident est arrivé », a-t-il expliqué sur RFI.

Une chute très vertigineuse

Sur les images radar du contrôle aérien burkinabé, on voit le le MD-83 perdre beaucoup d’altitude. L’appareil passe du palier 310, qui correspond à 10.000 mètres d’altitude, à 7.500 mètres en quelques secondes. Dans le même temps le contact avec le contrôle aérien est perdu.

« Le dernier contact a eu lieu à 1 H 47. Le témoin nous a donné une heure approximative de 1 H 50, c’est-à-dire qu’il a chuté de 10 000 mètres d’altitude à zéro, en trois minutes à peu près, ce qui est vraiment très vertigineux, compte tenu de la masse de l’appareil », précise le général Diendéré sur RFI.

L’hypothèse terroriste écartée

Le chef d’état-major général de l’armée de l’air indique que ces images seront reversées dans le dossier de l’enquête préliminaire ouverte mardi en France pour « homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposées par la loi ou le règlement ». Une qualification large mais qui exclut l’hypothèse d’une attaque terroriste contre le MD-83. Deux juges d’instruction français du tribunal de grande instance de Paris ont effectivement été désignés mardi pour mener des investigations parallèlement au travaux du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA), organisme public chargé de piloter des enquêtes techniques pour déterminer les causes d’un accident d’avion.

« Aucun corps intègre »

Sur les lieux du crash, situé à environ 150 km de Gao, au nord-est du Mali, les enquêteurs s’activent pour rassembler les débris de l’avion, pulvérisé en plein vol, sous deux tentes blanches de fortunes de la gendarmerie française. Etant donné la violence du choc, aucune victime n’a jusque-là été identifiée. « Nous avons constaté que nous n’avions aucun corps intègre » mais « des corps profondément fragmentés et aucun n’était identifiables par des mesures classiques de médecine légale, de dentisterie légale, ni même d’empreinte digitales », déclare le colonel Patrick Touron, directeur adjoint de l’institut de recherches criminelles de la gendarmerie française, chargé de l’identification. Pour reconnaître les 118 victimes de ce crash, les enquêteurs doivent donc s’aider de l’ADN des familles des passagers. « Il est impératif pour nous de récupérer l’ADN des proches de manière à pouvoir ensuite essayer d’identifier un frère, un père, une soeur […] Plus nous aurons d’informations, plus l’identification sera rapide », ajoute le colonel Touron.

 

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