Ghardaïa brûle. Quelques jours seulement après l’annonce d’un nouveau plan du gouvernement pour sortir de la crise de la vallée du M’zab, le cycle de violence reprend de plus belle. Une autre victime est tombée. Il s’agit d’un homme mort dans un accident de circulation. Les proches de la victime crient au complot, tandis que les services de sécurité, qui ont diligenté une enquête, estiment, eux, qu’il s’agit plutôt de mort accidentelle, due à la chute de sa moto.

Ce nouvel épisode macabre plonge à nouveau la région dans une spirale de violence. Les notables Mozabites, qui ont rendu public un long communiqué dans la presse, évoquent une volonté de « s’en prendre à la communauté mozabite ». Ils accusent des parties du pouvoir, sans les citer, de se livrer bataille sur le dos de la population locale qui « se meurt » selon les propos tenus par ce groupe. Les mozabites mettent également en cause les salafistes qui s’attaquent publiquement et dans les mosquées aux pratiques des ibadites. Ces derniers accusent aussi les services de sécurité de « complicité » et souvent de « passivité » face aux agressions qui «viennent de hordes nomades ».

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Pour faire face à la situation, le gouvernement a annoncé un mystérieux « plan ficelé » qui doit être appliqué « graduellement » pour ramener la paix dans une région qui ne connaît que des malheurs de puis plusieurs mois.

Il est difficile de ne pas se poser la pertinente question de savoir pourquoi les autorités n’arrivent pas à régler le conflit. Est-ce à cause de conflits d’intérêt dont parlent les Mozabites ? Est-ce un problème de volonté politique ou d’incompétence ? Dans tous les cas de figure, la situation échappe à tout contrôle gouvernemental pour le moment. La récidive des actes de violence de part et d’autre est la preuve que le gouvernement actuel est pour l’instant incapable de trouver une solution au conflit. Jusqu’à quand ?

Essaïd Wakli