Israël a déclenché jeudi soir sous les coups de 19 H 40 H (heure locale) une offensive terreste sur la bande de Gaza. C'est la première fois depuis 2009 que l'armée israélienne entre dans le territoire contrôlé par le Hamas. Pour l'heure, l'opération au sol a fait 25 morts palestiniens, une perte dans les rangs de Tsahal.

La trêve n'aura duré que quelques heures entre Israël et le Hamas. Rien ne semble arrêter la puissance sioniste qui a repris ses frappes aériennes et lancé jeudi soir, à 19 H 40 (heure locale), une opération terrestre sur la bande de Gaza. L'armée israélienne, qui a mobilisé plus de 60.000 hommes aux abords de la bande de Gaza,est entrée par plusieurs points d'accès dans l'enclave palestinienne, encerclée par Israël, l'Egypte et la mer Méditerranée. Depuis jeudi soir, les affrontements entre les soldats israéliens et la population palestinienne se concentrent essentiellement dans le sud du territoire, entre Khan Younès et le point de passage de Rafah. Le nord n'est pas épargné par l'assault terreste, le terminal frontalier d'Erez, seul point de passage piéton entre la bande de Gaza et Israël a été fermé.

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Pour la première fois depuis 2009 et l'Opération Plomb durci, qui aura coûté la vie à plus de 1.400 Palestiniens, Israël s'aventure sur le territoire placé sous un blocus sévère depuis 2005. Objectif : "porter significativement atteinte au infrastructures du Hamas", a indiqué ce jeudi soir un communiqué de Tsahal. Dans la ligne de mire des soldats entrés dans la bande de Gaza, les tunnels souterrains construits par le Hamas afin de faire entrer de la marchandise et des armes. "Ce n'est pas possible de régler (le problème) des tunnels depuis les airs uniquement, nos soldats font aussi cela sur le terrain", a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, ce vendredi matin, à l'issue d'une réunion de son cabinet.

260 morts palestiniens 

Moins de 24 H après son lancement, l'opération terreste sur la bande de Gaza a déjà tué 25 Palestiniens, dont un bébé de 5 mois, ont recensé ce vendredi matin les autorités médicales palestiniennes. Côté israélien, l'armée avance le chiffre d'une perte. A total, depuis le début du bombardement de la bande de Gaza, le 8 juillet dernier, 260 Palestiniens ont été tués, dont de nombreux enfants, contre 2 Israéliens, dont un militaire.

Ce bilan humain devrait s'alourdir dans les heures à venir puisque le gouvernement sioniste s'est dit prêt à "élargir" son offensive terreste. " Mes instructions (...) sont de se préparer à la possibilité d'élargir de manière significative l'opération terrestre et l'armée se prépare en fonction", a ainsi affirmé Benyamin Netanyahu ce vendredi.

Une offensive terreste vouée à l'échec pour le Hamas

Au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, les dirigeants du Hamas disent ne pas crainde une offensive terreste d'Israël. "Ce que l’occupant israélien n’a pas réussi à réaliser par ses raids aériens et maritimes, il ne le réalisera pas par son offensive terrestre qui est vouée à l’échec", a soutenu à l'AFP le chef en exil du mouvement islamiste, Khaled Mechaal.

La communauté internationale aphone

Sur le plan diplomatique, seule la Norvège s'est indignée d'une offensive terrestre qu'elle qualifie d'"inaceptable". "J’estime qu’il est inacceptable que l’on entame une opération terrestre, surtout si l’on considère qu’il était possible d’obtenir un cessez-le-feu "avec le Hamas, a déploré le chef de la diplomatie norvégienne Boerge Brende sur la chaîne TV2 Nyhetskanalen. Le ministre a regretté à l'antenne que le chef du gouvernement israélien n'ait pas suivi son conseil. En visite dans la région, il y a quelques jours, Brende avait effectivement mis en garde Netanyahu contre une "invasion terrestre", estimant que celle-ci "engendrerait une situation encore plus difficile".

Son homologue américain John Kerry, qui s'est entretenu au téléphone avec Benyamin Netanyahu depuis le lancement de l'offensive terrestre, a exhorté Israël à éviter les "dégâts collatéraux" et d'être "précis" dans ses frappes. De son côté, le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a demandé à Israël d'agir "bien plus pour faire cesser les pertes civiles". Le ministre des Affaires étranger français Laurent Fabius, qui a apporté son soutien à Israël au déclenchement des bombardements sur la bande de Gaza, est attendu sur place pour rencontrer Benyamin Netanyahu et trouver une solution, annonce le Quai d'Orsay.

La rédaction avec agences