Le déficit en personnel paramédical – aide-soignants, infirmiers, ambulanciers… – “entrave la bonne gestion” des urgences, a estimé mardi 8 juillet le Pr Mohamed Guerinik, chef de service des urgences au CHU Mustapha Pacha d’Alger. Cette déclaration résonne comme un signal d’alarme lancé aux autorités, qui avaient affirmé l’an dernier que ce problème serait réglé “d’ici 2016”.

Le CHU de la capitale doit faire face quotidiennement à quelque 500 cas urgents, 300 cas légers et 200 graves (dont 30 très graves). Des chiffres en augmentation pendant le Ramadhan, avec notamment plusieurs cas de coups de couteau dus à un regain de violence au cours du mois de jeûne. Pour M. Guérinik, il est urgent d’insister sur la prévention, la promotion d’une alimentation saine, ainsi qu’une meilleure répartition entre les cas légers traités dans les hôpitaux de proximité et les urgences les plus graves qui nécessitent un transfert dans les grands centres hospitaliers.

Une dernière solution qui ne ferait cependant que déplacer le problème, puisque les petits établissements semblent connaître les mêmes défaillances. “Pour faire fonctionner une polyclinique 24 heures sur 24, il faut une moyenne de 30 paramédicaux”, explique M.Sidhoum, directeur par intérim de la direction de la santé et de la population de Bouira.

Les établissements algérois ne seraient pas les seuls touchés par la pénurie de personnel paramédical, puisqu’en 2012 M. Sidhoun estimait à 1 200 le déficit de personnel qualifié rien que pour la wilaya de Bouira. De même, le directeur de la santé de la wilaya de Batna estimait en mars 2014 qu’il lui fallait 3 000 paramédicaux supplémentaires pour proposer un service correct.

Selon la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche, les difficultés de la profession paramédicale en Algérie ne tiennent pas seulement à un manque d’effectif, mais également à une offre de formation défaillante.

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