La Libye va-t-elle plonger dans le chaos ? Alors que de violents combats font rage depuis deux semaines à l’aéroport de Tripoli, un gigantesque incendie, déclenché par un tir de roquette, menace la capitale. Confrontés à cette dégradation de la situation sécuritaire, les étrangers fuient le pays.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye se décompose progressivement. Comme l’explique le site du Monde, « en 2011, après des mois de combats et une intervention de l’OTAN, avec frappes aériennes et appui clandestin aux rebelles, la capitale libyenne était tombée aux mains d’une coalition de brigades originaires de différentes villes. A présent, ces groupes se battent pour le contrôle de la capitale, alors que d’autres s’affrontent en Cyrénaïque, avec en arrière-fond la course pour le contrôle des ressources pétrolières, la percée ou l’anéantissement de groupes armés islamistes, et une lutte d’influence entre parrains financiers du Golfe (Émirats arabes unis, en particulier), avec pour résultat d’exposer le pays au risque d’explosion, comme la Somalie du début des années 1990, lorsque des rebelles alliés pour chasser Siad Barre avaient ensuite ravagé Mogadiscio et détruit les structures de l’État ».

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Deux événements font aujourd’hui redouter une aggravation de la situation dans le pays : de violents combats à l’aéroport de Tripoli, et un gigantesque incendie aux portes de la capitale.

La capitale libyenne menacée par un gigantesque incendie

Un incendie s’est déclaré dimanche soir dans un entrepôt de stockage de carburant au sud de Tripoli. Il a été provoqué par un tir de roquette sur un réservoir contenant plus de 6 millions de litres de carburant, et s’est ensuite propagé à un autre réservoir. Au total, le dépôt appartenant à la société Brega contient plus de 90 millions de carburant. Les ravages provoqués par l’incendie pourraient donc être considérables. Hier, lundi 28 juillet, la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a annoncé que l’incendie était « hors de contrôle », et le gouvernement a demandé aux habitants d’évacuer la zone. Les pompiers ont quitté les lieux, craignant une « explosion de grande ampleur » qui paraît de plus en plus inévitable.

Poursuite des combats à l’aéroport international de Tripoli

Depuis deux semaines, de violents combats font rage à l’aéroport international de Tripoli. Les combats opposent les brigades de Zintan (ville du nord-ouest du pays), qui contrôlent l’aéroport, et celles de Misrata (à l’est de Tripoli), qui cherchent à en prendre le contrôle. Ces affrontements ont fait au moins 97 morts et plus de 400 blessés.

Les étrangers évacuent le pays

Confrontés à cette dégradation de la situation sécuritaire, les étrangers évacuent le pays. Dimanche 27 juillet, la France et le Royaume-Uni ont demandé à leurs ressortissants de quitter la Libye. La Belgique, la Turquie, l’Espagne et Malte avaient déjà enjoint leurs ressortissants à partir depuis le 16 juillet. Le personnel de l’ambassade des États-Unis à Tripoli a été évacué vers la Tunisie samedi 26 juillet.

Le gouvernement libyen, qui ne parvient pas à obtenir de cessez-le-feu, a sollicité l’aide de la communauté internationale. Mais cette dernière semble pour le moment impuissante face à l’implosion du pays.