La réouverture des synagogues en Algérie ne sera probablement pas pour demain. Après en avoir fait l’annonce, il y a quelques jours, voila que le Ministre des affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aissa, nuance ses propos.

Dans un entretien publié aujourd’hui sur les colonnes du quotidien arabophone El Khabar, le Ministre s’est montré moins enthousiaste à l’idée de rouvrir les synagogues en Algérie, une proposition qu’il a récemment fait. «Mes déclarations précédentes n’ont pas été bien comprises. Je n’avais fait que rappeler l’un des principes de la République qui permet l’ouverture de ces lieux de culte pour peu que les conditions sécuritaires s’y prêtent. J’ai dit au représentant des juifs en Algérie si vous voulez que le peuple vous accepte lancez un appel pour dénoncer ce que subissent les palestiniens à Ghaza et prenez vos distances avec le courant sioniste. Et cela n’est pas encore arrivé. Par ailleurs, rouvrir les synagogues c’est afficher sa judaïté et les juifs d’Algérie ne sont pas prêts de s’afficher», a-t-il précisé.

Une déclaration qui peut être facilement interprétée comme une remise en cause de la position antérieure du Ministre. A l’heure actuelle, quelques synagogues à travers le territoire nationale ont été fermées au début des années 90 avec le début des attentats terroristes. Depuis, ces lieux de culte restent clos.

L’Algérie est souvent épinglée pour son manque de liberté religieuse. Ainsi, les récentes déclarations du Ministre ont été perçues comme la volonté d’adopter une vision plus tolérante dans le domaine de la liberté de culte. Toutefois Mohamed Aissa a également subi divers critiques l’accusant même de vouloir normaliser les relations avec Israël, ce qu’il a vigoureusement démenti dans ce même entretien, mais ne l’a pas empêché de modérer sa position quant à l’éventuelle réouverture de synagogues.

Elyas Nour