Critiquer « la nébuleuse sioniste française » comporte un véritable risque de mort. C’est du moins ce que prouve l’histoire de Jonathan Moadab, blogueur et juif antisioniste, qui a failli mourir après avoir été agressé par deux sympathisants de la Ligue de défense juive (LDJ), une organisation extrémiste qui n’hésite pas à recourir à la violence pour s’attaquer aux personnes qui menacent les intérêts israéliens en France.

Sur son blog Cercle des volontaires, le militant antisioniste  s’en était pris à «la nébuleuse sioniste française» dans un article de juin 2012. Juste après avoir osé écrire ce qu’il avait écrit, Jonathan Moadab s’est retrouvé victime, dans la nuit du 13 au 14 septembre de la même année, d’une agression perpétrée avec une bombe fabriquée à partir d’une bouteille en plastique, explique l’AFP. Celle-ci rapporte également que la bombe « avait explosé, sans faire de dégât, près de la voiture » de la victime. « Des tags – «LDJ» et une étoile de David – avaient été inscrits sur le véhicule. Plusieurs suspects avaient été identifiés grâce à la vidéosurveillance et à des écoutes téléphoniques », souligne encore l’AFP.

Auparavant, avant cette agression, le militant antisioniste avait aussi déclaré avoir reçu des appels anonymes : « je vais te tuer, toi, ta mère, ton père et tes frères ». Mais il aura fallu attendre le 20 juin 2014 pour qu’un jeune homme de 21 ans, et membre de la LDJ,  ait été condamné à dix mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Versailles notamment pour avoir élaboré et lancé l’engin explosif. Lors de l’enquête, il avait expliqué avoir agi parce que Jonathan Moadab était «propalestinien».  Un autre prévenu, âgé de 24 ans, a écopé de six mois ferme pour complicité. De son côté, l’avocat de la victime a fait savoir que la LDJ ne veut «pas entendre de voix juive divergente au soutien inconditionnel à la politique israélienne».

Les agissements de la LDJ inquiètent également la communauté musulmane en France qui ne comprend pas pourquoi les autorités françaises tolèrent une telle organisation considérée comme « terroriste » dans de nombreux pays. « La LDJ est interdite en Israël et aux Etats-Unis, elle crée pas mal de problèmes, pratique la « ratonnade »… Mais les pouvoirs publics ne la dénoncent pas avec force», a dénoncé pour sa part lundi 28 juillet à l’AFP le président de l’Observatoire contre l’islamophobie, Abdallah Zekri, selon lequel les autorités françaises pratiquent un «deux poids, deux mesures». Rappelons enfin que la LDJ est effectivement une émanation de la Jewish Defense League, un groupe qualifié de «groupe terroriste» par le FBI en 2001 et interdit dans plusieurs pays.

La Rédaction avec AFP