Témoignant d’un grave malaise social, le phénomène de l’immolation par le feu revient au-devant de la scène dans la wilaya d’Ouargla, au Sud du pays. Quatre jeunes ont tenté de se suicider collectivement en s’immolant par le feu, afin de dénoncer leur condition sociale précaire.

Ils ont choisi le toit de la wilaya d’Ouargla pour mettre un terme à une vie devenue obsolète à leurs yeux. Quatre jeunes vivant sous le poids du chômage ont tenté de passer à l’acte en s’immolant par le feu. Dans un acte d’extrême désespoir, les quatre individus ont eu recours à la pratique devenue la plus courante dans cette région du sud de l’Algérie, l’immolation par le feu.

Munis de bouteilles d’essence, les quatre jeunes malheureux ne souhaitaient obtenir qu’une promesse d’audience de la part du directeur de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM). Mais chacune de leur demande est restée lettre morte.

Exprimant leur ras-le-bol de devoir encore attendre le retour des responsables de l’agence, en congés pour le mois d’août, les jeunes qui s’étaient vu délivrer par le cabinet du wali une lettre de recommandation pour être reçus au plus vite par le directeur régional de l’ANEM, ont cédé au désespoir et ont commis leur geste sous les regards choqués des citoyens de Ouargla.

Commettre l’irréparable pour se faire entendre

Dans la wilaya d’Ouargla, la situation est actuellement très critique. Plus d’une vingtaine de jeunes chômeurs se sont rassemblés depuis dimanche dernier devant le siège de la wilaya, en attendant que les promesses de travail se concrétisent. Obtenir un emploi est la seule et unique revendication des contestataires, confrontés au laxisme insistant des pouvoirs publics.

Selon Fares Benkassir, membre du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), la tentative d’immolation par le feu des quatre jeunes n’est pas la première. Sept autres chômeurs menacent de s’immoler par le feu au siège de la wilaya d’Ouargla depuis dimanche. Les jeunes protestataires dénoncent le manque de communication des responsables algériens, qui préfèrent se cloîtrer dans leurs bureaux à gérer leurs affaires plutôt que d’écouter les réclamations des citoyens et de s’occuper sérieusement des problèmes sociaux qui pèsent sur toute la jeunesse.

Nourhane S.

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