Tunisie : L’armée tue deux jeunes filles à Kasserine

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Deux jeunes filles ont été tuées par les forces de sécurité tunisiennes, dans la ville de Kasserine. Les éléments d’une patrouille sécuritaire ont ouvert le feu sur le véhicule à bord duquel se trouvaient les deux jeunes filles, après que celles-ci refusaient d’obtempérer  aux ordres de la police de s’arrêter. Les familles des victimes parlent d’une bavure.

Les deux jeunes filles, Ons Dalhoumi, âgée de 24 ans, de nationalité Tuniso-allemande, et Ahem Dalhoumi, n’ont reçu, d’après un témoin qui les accompagnait, aucun ordre ni signe de la patrouille sécuritaire de s’arrêter, rapporte la radio tunisienne Mosaïque FM. Elles ont été abattues à bord de leur véhicule dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 août par les forces de l’ordre tunisiennes (armée et garde nationale).

Si la patrouille sécuritaire se défend, expliquant avoir tiré une rafale en direction de la voiture qui roulait à toute vitesse parce que les conductrices refusaient de s’arrêter, les familles des deux victimes parlent elles d’une bavure sécuritaire. Elles ont manifesté leur colère, en incendiant le périmètre de l’hôpital régional de Kasserine, et celui du gouvernorat de la ville. Les manifestants ont également procédé à la fermeture de la route reliant Kasserine à Gafsa.

Le ministère de l’Intérieur tunisien a réagi, ce samedi matin, à travers un communiqué pour apporter des précisions sur cette affaire. Celui-ci précise que la patrouille sécuritaire s’est déplacée dans cette ville suite à une alerte donnée par un citoyen, et faisant état de la présence d’un groupe armée dans une voiture. Les policiers, précise le ministère de l’Intérieur tunisien, ont tiré sur le véhicule suite au refus de ses occupants d’obtempérer à l’ordre de s’arrêter. Selon toujours la même source, la conductrice du véhicule qui roulait à vive allure ne détient pas de permis de conduire.

Il est à noter que la ville de Kasserine, située non loin de la frontière algérienne, connaît une forte dégradation de la situation sécuritaire. Plusieurs actes terroristes ont été commis ces derniers temps dans cette région.

Arezki IBERSIENE