Le tremblement de terre qui a secoué vendredi Alger et ses environs a provoqué une véritable angoisse collective. Le macabre bilan de 6 personnes décédées a suffi pour que les fanatiques religieux algériens lancent une véritable offensive contre « les mœurs libérées » de certains de leurs compatriotes.

Sur les réseaux sociaux, des esprits tordus se présentant comme des experts de l’interprétation du Saint Coran n’ont pas hésité à établir le lien entre « le bikini, les femmes qui se dénudent sur nos plages » et le « tremblement de terre ». Juste après la forte secousse qui a effrayé la population d’Alger, des pages Facebook ont été consacrées à ce tremblement de terre qui intervient juste après l’Aïd El-Fitr. Certains commentateurs s’en prennent directement aux « mœurs légères » de ces Algériens et Algériennes qui veulent vivre à l’Occidentale. Au lendemain du tremblement qui ne s’est pas soldé par des dégâts matériels considérables, le quotidien arabophone et très conservateur, Echorouk publie un véritable pamphlet contre le bikini sur les plages algériennes.

A en croire Echorouk, les plages algériennes concurrencent désormais les plages européennes en matière de « nudité » ! Un constat qui ne s’appuie sur aucune preuve matérielle. Echorouk accuse clairement les femmes algériennes d’être des « dévergondées » et des « dépravées ». Echorouk cite à peine 4 plages « religieusement correctes » situées dans la banlieue est d’Alger. Quant aux autres stations balnéaires telles que Palem Beach, dans la commune de Staoueli à l’ouest d’Alger, elles sont qualifiées de « repoussantes » à cause de jeunes filles qui exposent leurs corps au regard.

Echorouk, qui exagère naturellement l’ampleur du phénomène du port du maillot 2 pièces, lequel se limite à peine en Algérie aux milieux citadins aisés, n’établit aucune relation entre cette « nudité » estivale et le tremblement de terre du 1er août. Mais dans son forum, où les commentaires ne sont presque jamais modérés, cette diatribe très islamiste contre les vacanciers et les plagistes a nourri les confusions les plus stupides. « Et après on s’étonne qu’un séisme frappe notre pays », affirment les uns au moment ou d’autres citent à tort et à travers Sourate Al Zalzala  (Le Tremblement de Terre) en décontextualisant ses versets 1,2 et 3. L’appât a, semble-t-il, bien fonctionné. Et même dans certaines mosquées tenues par des imams fanatiques et défendant des pensées religieuses arriérées, cette campagne de dénigrement à l’encontre des Algériens « occidentalisés » s’est exprimée avec force.

C’est dire enfin que de nombreux Algériens continuent à penser que les tremblements de terre sont des punitions divines et refusent de concevoir qu’ils ne sont que des phénomènes naturels que la science explique et décrypte.