Après les dénonciations officielles et le soutien financier et matériel apporté aux Gazouis, l’Algérie a décidé de redoubler ses efforts diplomatiques pour mettre fin à l’offensive israélienne à Gaza, qui dure depuis maintenant 28 jours. 

L’Algérie convoque une session extraordinaire d’urgence de l’ONU

L’Algérie a convoqué une session extraordinaire d’urgence de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), afin d’examiner la situation dans les Territoires palestiniens occupés, en particulier à Gaza, où la population vit sous le feu des bombes israéliennes depuis le 8 juillet dernier.

L’annonce a été faite samedi par le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’ONU, Sabri Boukadoum. Dans une déclaration à l’APS, il a indiqué que l’initiative algérienne avait pour objectif « la cessation immédiate de l’agression israélienne et l’envoi d’une aide humanitaire urgence aux populations affectées ». La session extraordinaire de l’ONU vise également à « recréer les conditions pour la reprise des initiatives de paix qui doivent aboutir à la fin de l’occupation et à l’établissement d’un État palestinien sur sa terre et ayant pour capital El Qods Echarif ».

L’Égypte assure l’Algérie de son ‘soutien total’

Boukadoum a par ailleurs assuré à l’APS que l’initiative de l’Algérie était « relayée par l’ensemble de l’appareil diplomatique algérien à travers le monde ». En effet, pour qu’une session extraordinaire d’urgence ait lieu au siège des Nations Unies, il faut que l’Algérie obtienne le soutien de la majorité des membres de l’Assemblée générale – soit 97 pays.

Pour l’heure, seule l’Égypte a officialisé son « soutien total » avec l’initiative algérienne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, qui s’est entretenu par téléphone avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra. L’ambassadeur d’Algérie à  l’ONU a, quant à lui, indiqué à l’APS que le groupe des États arabes s’était prononcé en faveur d’une session d’urgence, mais aucune déclaration officielle n’est pour le moment venu confirmer ce soutien.

Un nouveau coup dans l’eau ?

Même si une session extraordinaire d’urgence est effectivement organisée dans les prochaines 24 heures, il n’est pas sûr que cela suffira à arrêter les bombes israéliennes.

Lire notre article : Que peut faire l’ONU face aux crimes israéliens ?

Comme son nom l’indique, une session extraordinaire d’urgence est une réunion extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU, qui permet aux États membres d’examiner une situation de crise.

Les sessions extraordinaires d’urgence ont été instituées par la résolution « Uniting for Peace », votée en 1950, qui prévoit que, « si le Conseil de sécurité, en raison de l’absence d’unanimité des membres permanents, ne parvient pas à s’acquitter de sa responsabilité principale du maintien de la paix et la sécurité internationales dans tous les cas où il semble y avoir une menace contre la paix, une rupture de la paix, ou un acte d’agression, l’Assemblée générale examinera immédiatement la question en vue de formuler des recommandations appropriées aux Membres afin qu’ils prennent des mesures collectives, y compris, en cas d’une rupture de la paix ou un acte d’agression, l’emploi de la force armée si nécessaire, pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales. Si l’Assemblée n’est pas en session, elle peut se réunir en session extraordinaire d’urgence dans les vingt-quatre heures après qu’une demande ait été formulée. Cette session extraordinaire d’urgence sera convoquée à la demande du Conseil de sécurité sur le vote de sept de ses membres, ou par la majorité des membres de l’Organisation des Nations Unies

Jusqu’à présent, l’assemblée générale a siégé 10 fois en session extraordinaire d’urgence. Ces sessions ont donné lieu à l’adoption de plusieurs résolutions, qui ne sont pas des textes contraignants. Ces résolutions ne permettent pas d’imposer quoi que ce soit à un État, elles sont simplement le relais de l’opinion du monde.

Au sein du système des Nations Unies, seul le Conseil de sécurité a le pouvoir de contraindre les États. Or, le Conseil de sécurité est souvent paralysé par des enjeux géopolitiques d’une grande complexité. Comment, dans ces conditions, imposer un cessez-le-feu à Gaza ?

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