Après la cacophonie du mois d’août en Tunisie, le gouvernement semble avoir tranché : la nouvelle taxe de sortie du territoire pour les touristes étrangers, dont 14% sont des Algériens, devrait entrer en vigueur le 1er octobre prochain. Un report qui soulage les professionnels du secteur, inquiets de devoir prévenir leurs clients et mettre en place ce dispositif à la hâte.

La fameuse taxe de sortie du territoire tunisien entrera finalement en vigueur le 1er octobre, a annoncé le ministère du Tourisme tunisien dans un communiqué publié suite à la réunion interministérielle qui s’est tenue lundi 25 août à Tunis. Son montant exact s’élèvera à 30 dinars tunisiens -soit environ 2 000DA algériens. Une somme dont devront s’acquitter tous les visiteurs étrangers à la fin de leur séjour en Tunisie, comme le prévoit l’article 36 de la loi de finances complémentaire adoptée le 7 août dernier.

Cette annonce devrait mettre définitivement fin à une succession de déclarations contradictoires de la part des dirigeants tunisiens. Le 13 août, l’ambassadeur de Tunisie en Algérie, Abdelmajid Ferchichi*, assure en effet que la taxe ne sera pas appliquée avant 2015. Une information démentie deux jours plus tard par la ministre du tourisme Amel Karboul, évoquant la date du 1er octobre. Nouveau rebondissement le 22 août, lorsque la directrice générale des études et de la législation fiscale au sein du ministère des Finances, Habiba Louati*, déclare que la mesure entrera en vigueur dès la semaine suivante, provoquant une levée de boucliers de la part des professionnels du tourisme tunisiens.

“Les touristes actuellement en Tunisie n’ont pas été informés de cette taxe lors de leur arrivée,” s’inquiète par exemple la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV) lundi 25 août. “Sa mise en application immédiate risque d’être mal assimilée, ce qui risque de nuire fortement à l’image de notre destination et créer de grands problèmes au moment de leur départ, notamment pour ceux qui ne l’avaient pas prévue dans leur budget,” poursuit le communiqué.

120 millions de dinars chaque année dans les caisses du Trésor Public tunisien

Pour la FTAV, le manque à gagner de son application précipitée en terme de recettes touristiques aurait été supérieur aux rentrées d’argent pour le Trésor public tunisien. De son côté, la Fédération Tunisienne Hôtelière (FTH) se dit soulagée du report, qui permettra au secteur touristique de prévenir les voyageurs et surtout de multiplier les points de retrait du nouveau timbre fiscal -disponibles aux postes frontières, mais aussi dans les hôtels ou encore les bureaux de tabac.

“La taxe ne devrait pas changer grand chose en terme de fréquentation touristique,” commente Radhouane Ben Salah, président de la FTH. “Pour nos clients, le forfait sera le même, et je ne pense pas que rajouter 12€ soit réellement préjudiciable à leur budget. C’est une mesure qui existe dans plein d’autres pays et qui était prévue depuis longtemps en Tunisie. Il ne fallait simplement pas que son application précipitée puisse avoir des retombées négatives directes pour notre secteur.”

Le nouvel impôt devrait rapporter 40 millions de dinars pour 2014, et générer à terme près de 120 millions de dinars de recettes pour les autorités tunisiennes. Une somme non négligeable étant donné la conjoncture économique difficile à laquelle le pays doit actuellement faire face.

*Contactées, ces personnes n’ont pas souhaité s’exprimer.

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