Dans une lettre adressée au Président de la République, le bureau de La Ligue Algérienne pour la Défense des droits de l’Homme (LADDH) de Chlef a dénoncé la situation chaotique dans laquelle se trouvent les habitants de cette métropole située à 200 kilomètres à l’Ouest d’Alger, après le début des travaux d’aménagement du centre-ville. Des travaux qui ont suscités de nombreux désagréments.

«Poussière, détritus et désolation». Voilà comment dépeindre le tableau dans lequel se trouve actuellement le centre-ville de Chlef, où a débuté un vaste projet d’aménagement urbain. Le projet d’une enveloppe financière de 70 milliards ne cause actuellement, selon les responsables de la LADDH, qu’embêtement et tracas pour les chélifiens.

Pour interpeller les responsables et notamment les élus (APC, APW, APN et Sénat), les représentants de la LADDH à Chlef ont adressé une lettre au Président de la République Abdelaziz Bouteflika, appelant ce dernier à prendre en considération la situation chaotique dans laquelle se trouve la population.

Indignation et colère

Dans leur lettre, les membres de la LADDH expriment leur regret et leur indignation suite au lancement des travaux d’aménagement du centre-ville. « Le choix de la saison estivale pour entamer de tels travaux n’a pas été très bien réfléchi », estiment-ils, surtout que cette décision témoigne « d’un grave  manque de respect pour la population et pour l’aspect esthétique d’une ville digne de ce nom ».

«Des travaux de grande envergure touchant pratiquement tout le centre urbain et qui ont engendré le chaos et généré ainsi poussière, détritus et désolation ». Déplorant le silence complice des responsables de la wilaya de Chlef, les membres de la LADDH appelle le Président à intervenir pour mettre fin à cette « situation très contraignante pour les citoyens de Chlef, et préjudiciable aux allergiques et aux asthmatiques ».

Plusieurs irrégularités signalées

Par ailleurs, la LADDH met l’accent sur le fléau de la pollution causée par la cimenterie, et évoque la situation de paralysie totale de l’activité commerciale, empêchant les citoyens de profiter des lieux de détente et de distraction en cette période de canicule.

Révélant que le projet d’aménagement du centre-ville est entaché de plusieurs irrégularités, la LADDH évoque entre autres « l’inexistence de la couche de séparation qui permet le drainage des eaux pluviales, des fuites et d’infiltration au niveau des fondations, le remplacement des gravats concassés par des gravats stériles qui présentent un taux d’impureté très élevé et inadapté pour la couche de base, ainsi que l’usage du béton bitumineux conçu spécialement pour les trottoirs, au lieu du béton bitumineux des chaussées».

La LADDH demande, à travers sa lettre, que la Cour des comptes statue sur «l’opportunité et la régularité de la dépense publique», et en appelle à l’Inspection générale des finances pour vérifier que les procédures de passation ont été respectées.

Nourhane S.