Le spectaculaire limogeage de Abdelaziz Belkhadem de son poste de ministre d’Etat, représentant spécial du Président de la république, et son interdiction de prendre part à toute activité au sein du FLN par le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, mardi, suscite des réactions enflammées de la classe politique.

Si les partis proches du pouvoir se sont mués dans le silence, ceux de l’opposition ne mâchent pas leurs mots pour dénoncer la manière avec laquelle sont gérées les affaires de l’Etat. Mais ce qui intrigue le plus dans le limogeage d’Abdelaziz Belkhadem, c’est l’interférence, au grand jour, de la présidence dans les affaires internes du FLN. Exigeant de chasser Belkhadem des instances du parti, comme un malpropre.

« Règlements de comtpes »

Dans une déclaration à Algérie-focus.com, le Secrétaire national chargé de la communication au RCD, Atmane Mazouz considère ainsi que « cette ingérence est à inscrire au registre des intrigues internes du régime. Désormais, la gestion des affaires publiques est synonyme de règlements de comptes et d’humeurs. Bouteflika est plus que jamais, otage, par son incompétence de prédateur, tapis dans l’ombre des institution », avant de préciser que « nous sommes dans une voyoucratie, la culture de l’Etat est totalement absente. On se demande, de quel droit peut-on se prévaloir pour s’immiscer dans la gestion interne d’un parti politique ? »

« Même si le FLN va être restitué à la mémoire collective des algériens, Bouteflika se trompe d’époque, et ses courtisans lui font jouer le plus mauvais rôle qu’il a tout le temps incarné comme artisan du putsch et chef de clan », soutient-il.

De son coté le Secrétaire général du parti Jil Jadid, Sofiane Sekhri, trouve que le débarquement de Belkhadem du Palais El Mouradia, du gouvernement et des instances dirigeantes du FLN est plus que significatif. Cela « prouve que les critères principaux de nomination par le Président de la république ne sont pas basés sur les compétences, mais sur le degré d’obéissance. Si tu leur obéis, tu es nommé, sinon rien », déclare-t-il. « Mais ce qui est plus choquant dans le cas de Belkhadem, c’est les prérogatives du Président, pouvant aller jusqu’à arrêter un militant d’un parti politique. Le FLN est un appareil aux mains du clan présidentiel. On gère les affaires du parti complètement hors des règles de la politique », confie-t-il.

Joints par notre rédaction ce mercredi, le RND et le PT n’ont pas souhaité s’exprimer à ce sujet.

Arezki IBERSIENE