Une incroyable rumeur, relayée par les quotidiens locaux et reprise ce lundi matin dans la presse nationale, affirme que la Ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement s’est fait piéger la semaine dernière par l’annonce d’une fausse marée noire à l’Ouest du pays*.

L’histoire débute mercredi matin, lorsque le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’environnement reçoit un étrange appel de la direction de l’environnement de la wilaya de Mostaganem. Le mystérieux interlocuteur alerte Mme Boudjemâa de la présence d’une nappe de pollution de 15.000m² près de la plage de Sidi Mansour, dans la commune de Fornaka (wilaya de Mostaganem).

Visiblement inquiets, la ministre et son équipe décident de se rendre immédiatement sur place. Mais tout ce petit monde a beau grimper au sommet de la falaise qui domine la baie d’Arzew et ses raffineries de pétrole, aucune trace du phénomène à l’horizon. Les autorités organisent alors des reconnaissances aérienne, terrestre et maritime, mais toujours rien. Les prélèvements effectués au large sont formels : l’eau est globalement d’une bonne qualité bactériologique.

Mostaganem, capitale algérienne de la rumeur

Tout porte donc à croire que Mme la Ministre ait été victime d’un canular. En conférence de presse, celle-ci a préféré ne désigner aucun responsable pour le moment, mais il se pourrait que les bureaux de la Protection Civile d’Oran ou de Mostaganem aient été les colporteurs de cette fausse information. Dalila Boudjemâa a sans doute préféré se prémunir contre toute accusation d’inaction, comme cela avait été le cas en février 2010 lors d’une réelle marée noire aux environs de Stidia (dans cette même wilaya de Mostaganem) ou plus récemment en 2012 (déjà près de Fornaka). La ministre a appelé à la vigilance face au risque de marée noire qui menace les quelque 1.200 kilomètres de côtes que compte le pays.

En tous les cas, l’épisode conforte un peu plus la place de Mostaganem comme la capitale algérienne de la rumeur. En effet, la ville a déjà été la cible de plusieurs canulars de la sorte. En 1996, le bruit avait par exemple couru d’une invasion par plusieurs hordes de nains. Un an plus tard, c’était au tour d’étranges “crabes tueurs” d’être annoncés dans la baie pour faire fuir les baigneurs.

Les « blagueurs de Mostaganem » devront désormais rivaliser d’ingéniosité s’ils veulent de nouveau piéger leurs concitoyens, car la vigilance sera désormais de mise avant de croire toute information en provenance de la ville de l’Ouest.

*Contacté à plusieurs reprises, le ministère n’a pas répondu à nos appels.