Nord Mali : Des attaques terroristes mettent en péril la reprise du dialogue à Alger

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A quelques jours de la relance des négociations entre les Maliens à Alger, un incident risque de tout remettre en cause. Une attaque à la roquette a visé vendredi un camp de la mission de l’ONU au Mali (Minusma), à Aguelhoc, au Nord Mali, près de la frontière algérienne, déjà touché deux jours auparavant par des tirs similaires, a déclaré un responsable malien de la sécurité, cité par l’AFP.

« C’est un coup des islamistes », a-t-il affirmé. Une version confirmée par les factions islamistes elles-mêmes. Un islamiste malien proche du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) avait ainsi revendiqué une première attaque mercredi contre ce camp, situé dans la région de Kidal. « Au nom de tous les moujahidine, nous avons attaqué le camp des ennemis de l’islam aujourd’hui à Aguelhoc », avait déclaré par téléphone à l’AFP Sultan Ould Bady, islamiste malien connu pour ses liens avec le Mujao.

Le Mujao est un des groupes terroristes qui contrôle, avec Ansar Edine, le Nord du Mali avant qu’ils ne soient délogés par les militaires français. Les terroristes de Ansar Edine voulaient même s’inscrire dans le processus politique de règlement de la crise. Mais leur comportement a poussé les Etats de la région, notamment l’Algérie, à les mettre sur la liste des groupes à combattre.

Cet évènement, le second du genre en quelques jours, intervient alors que les groupes politiques du Nord du Mali vont se retrouver, avec le gouvernement central de Bamako, une nouvelle fois à Alger pour entamer des discussions de fond sur le règlement de la crise qui sévit dans ce pays.

La France, qui compte au moins 3.000 militaires dans ce pays, n’est qu’un pays observateur dans ce dialogue inter-malien, laissant à l’Algérie le rôle de médiateur en chef. Un rôle qu’Alger a déjà joué par le passé. Des accords avaient été signés dans la capitale algérienne. Mais aucun n’a tenu durablement.

 

Essaïd Wakli