Mohamed Salah Boultif, le PDG d’Air Algérie, sort de son silence et dénonce une vendetta contre la compagnie aérienne nationale.

Mohamed Salah Boultif, le PDG de la compagnie aérienne nationale, Air Algérie, est sorti de son mutisme. Dans un entretien accordé à l’APS, il a tenu à réagir ce mercredi à ce qu’il considère être des « attaques » contre la société qu’il dirige. Celui-ci a tenu à dénoncer ce qu’il qualifie de « campagne médiatique » dirigée contre Air Algérie. Une campagne provoquée par le fait que l’entreprise étatique, « qui s’est engagée  dans une dynamique de développement », a commencé à « déranger la concurrence ».

Une concurrence qui voit d’un mauvais œil les progrès accomplis par Air Algérie ces dernières années, estime son directeur. La compagnie aérienne étatique a ainsi réussi, en l’espace de 3 ans, à séduire plus de « 1,4 million de nouveaux passagers à l’international ».

Revenant sur le crash du 24 juillet dernier au Mali du vol AH 5017, l’avion de la compagnie espagnole SwiftAir, affrété par Air Algérie, Boultif a tenu à démentir toutes les informations ayant circulé dernièrement à propos d’un  manquement au respect des clauses du cahier de charge en vigueur. « J’ai entendu par-ci et par là que les conditions d’affrètement de l’appareil n’ont pas été respectées, ce qui n’est pas vrai. C’est de la pure spéculation. Ces personnes font dans la désinformation », a-t-il déclaré à l’APS, avant d’ajouter : « Les opérations d’affrètement des appareils par sa compagnie sont claires et transparentes, obéissant au cahier des charges élaboré par la commission des marchés de l’entreprise ». Selon lui, tout est supervisé par la direction de l’aviation civile du ministère des Transports (DAC). A propos de SwiftAir, le PDG explique que cette dernière « disposait d’un permis d’exploitation (Airline operating certificate) espagnol, délivré conformément aux exigences de la législation européenne en la matière». Un permis qui l’autorise «à transporter aussi bien du fret que des passagers ». Boultif indique que plusieurs compagnies ont eu recours à la société aérienne espagnole, y compris les Nations Unies. « C’est une compagnie européenne contrôlée par une autorité européenne en l’occurrence l’EASA (l’Agence européenne de la sécurité aérienne) », a-t-il signalé, tout en précisant que l’âge des appareils n’est pas l’indicateur principal mais c’est la maintenance.

Afin de tenter de rassurer une nouvelle fois sur la fiabilité de sa compagnie, Mohamed Salah Boultif rappelle qu’Air Algérie évolue « dans un environnement fortement réglementée ». « Elle est supervisée et auditée de façon permanente aussi bien par des institutions internationales comme l’IATA que par la direction de l’aviation civile algérienne relevant du ministère des Transport », détaille-t-il. Le directeur d’Air Algérie dit ne pas craindre, par ailleurs, d’éventuels contrôles aériens. Si la compagnie a eu des déboires en 2009 lorsqu’une commission européenne (le contrôle SAFA – Safety  assessment of foreign aircraft) a mis sous la loupe Air Algérie, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Air Algérie « obtient depuis 2010 de bonnes notes à chaque contrôle SAFA », conclut-il.

Elyas Nour

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