Les vieux succès de la chanson française ou des classiques anglo-saxons sont remis au goût du jour à la sauce kabyle, avec plus ou moins de bonheur en fonction de la renommée, de la qualité et du professionnalisme des interprètes.

Les tentatives remontent à loin, mais le phénomène a pris de l’ampleur ces dernières années avec, pour chacun, le désir d’exprimer des préoccupations propres, des adaptations au contexte politique ou social, etc. La mélodie de Santiano d’Hugues Aufray, une chanson de marin où il est question d’atteindre San Fransisco sur «un fameux trois mâts», a été reprise par Iflis pour l’adapter à l’univers des harraga et leur désir d’atteindre «sans passeport ni visa, sans quai ni navire» et en laissant derrière eux une bien-aimée comme dans la chanson originale, juste la rive nord de la Méditerranée et, en général, sur une embarcation de fortune.

Dans Ah Ruhu, il s’agit d’une transposition du rêve d’eldorado rehaussée par un clip mettant en scène le chanteur et une bande de copains, bagages en main, sur une petite plage déserte. L’ambiance nocturne festive autour d’un feu de camp tranche pourtant avec l’aspect dramatique qui colle à ces aventuriers des temps actuels. Le chanteur, qui ne jouit pas d’une grande renommée, ne s’est peut-être pas soucié des droits d’auteur, même si la diffusion de ce succès (adapté par le célèbre chanteur français d’un chant de marins anglais du XIXe siècle) remonte à 1961.

Ce n’est évidemment pas le cas du célèbre Idir qui a, lui aussi, d’abord en 2002, dans son album intitulé Deux rives, un rêve, repris et même en duo avec l’auteur le tube La Maison bleue qui a fait la renommée de Maxime le Forestier dès le début des années 1970. Le temps des hippies est révolu et dans sa version, Idir, avec une orchestration de type world music, met en avant la ville de Tizi Ouzou.

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