Malgré l’indignation populaire, le soutien témoigné aux habitants de Gaza semble bien superficiel en Afrique du Nord. Entre instabilité politique et crise économique, les chefs d’État ont d’autres priorités.

À nouveau frappé au coeur, le monde arabe a une fois de plus assisté, passif, au déchaînement de la puissance israélienne sur la mince bande de Gaza. Une sixième attaque en sept ans, vingt-huit jours de bombardements qui ont tué 1 886 Palestiniens, dont 430 enfants et adolescents. Et, du Golfe à l’Atlantique, l’émotion a derechef submergé l’opinion arabe, atterrée par ces images de dévastation humaine et matérielle.

Depuis la création en 1948 de l’État d’Israël, qualifiée de « catastrophe » (Nakba) par les Arabes, la question palestinienne est, selon les mots de Hael al-Fahoum, chef de la Mission de Palestine en France, le « symbole des frustrations du peuple [arabe] vis-à-vis de la constante ingérence d’autres puissances ». Mais, si l’histoire semble se répéter stérilement depuis la première intifada de 1987, la donne a changé.

Dans les pays d’Afrique du Nord bouleversés par les révolutions de 2011, la crise économique et l’instabilité politique ont révélé des priorités locales bien éloignées du combat pour la Palestine, longtemps instrumentalisé par les gouvernants pour divertir l’opinion publique. Et la résistance à l’entreprise coloniale israélienne fait moins recette auprès des régimes, nouveaux ou anciens, depuis qu’elle est incarnée par les islamistes du Hamas et leurs alliés radicaux qui contrôlent la bande de Gaza depuis 2007.

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