A peine s’est-elle relevée de son effort antiterroriste interne que l’Algérie est contrainte de faire face à de nouvelles menaces sérieuses à ses frontières, mobilisant au niveau d’alerte rouge l’Armée nationale populaire (ANP). Sur les fronts multiples ouverts par l’internationale terroriste, depuis les pays voisins, le front libyen est incontestablement le trou noir qui inquiète le plus les Algériens.

Le millier de kilomètres que nous partageons avec l’ancienne Jamahiria donne des migraines aux plus hauts responsables de l’État, tant ces frontières désertiques forment le ventre mou de tout notre système de défense devant l’accentuation des menaces depuis la chute du régime d’El Gueddafi et l’effondrement de l’État libyen.

Les lubies de BHL et du gouvernement va-t-en-guerre de Sarkozy ont fait beaucoup de dégâts dans ce pays à défaut de printemps arabe, et après le peuple libyen, c’est l’Algérie qui risque de payer le plus, le chaos dans lequel se précipite le pays. Car l’Algérie ne peut garantir à elle seule l’étanchéité des frontières sachant que de l’autre côté c’est la débandade. Situation idéale pour les organisations terroristes qui n’en demandent pas plus pour installer leurs bases.

L’épisode Tiguentourine est le témoin historique du basculement qualitatif de la menace venue du Sud-Ouest. Le groupe terroriste qui a pris d’assaut la base de Tiguentourine s’était infiltré depuis la Libye. L’arsenal libyen étant tombé dans des mains ennemies et l’espace vaste extrait aux radars, les groupes d’AQMI et ensuite ceux du Mujao, Ançar Charia et Al Mourabitoune ont vite fait d’investir ce «nouvel espace vital» pour venir occuper des positions stratégiques à nos frontières. Le bourbier libyen est une menace pour toute la région, et depuis la naissance de Daesh et son avancée dans la Syrie et l’Irak, l’espace libyen devient un enjeu stratégique pour réaliser les ambitions «califales» de ce groupe et le redéploiement de son vrai-faux rival, Al Qaîda.

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