Un accord de cessez-le-feu a été trouvé à Gaza mardi 26 août suite aux négociations conduites par le Caire. Il s’agit d’un cessez-le-feu permanent, mettant fin à 50 jours de conflit. Néanmoins, l’ensemble des conditions ne sont pas encore claires. Jean-Paul Chagnollaud est professeur de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise. Il a répondu aux questions de RFI.

RFI : A Gaza, les habitants tentent de revenir à une vie normale. Mais l’accord reste toujours très flou…

Jean-Paul Chagnollaud : Il y a deux temps dans un accord de cessez-le-feu de cette nature. Le premier temps, c’est la trêve, c’est-à-dire que les hostilités s’arrêtent et le deuxième temps concerne la politique. Il y a évidemment des objectifs politiques. Cela signifie que les gens de Gaza peuvent revenir normalement, mais surtout vivre normalement. Le grand enjeu de cette affaire est donc la levée du blocus – il semble que cela soit en filigrane dans l’accord – et ensuite en allant plus loin, on parle même de la construction du port dont on parle depuis très longtemps, qui avait d’ailleurs été envisagée de manière très précise, très sérieuse à l’époque d’Oslo.

En contrepartie, il faudra réfléchir à comment démilitariser le Hamas, en tout cas le territoire, ce qui n’est pas tout à fait la même chose, notamment en faisant rentrer l’autorité palestinienne. On est donc dans une phase I qui est la trêve, ce qui est déjà beaucoup évidemment par rapport aux souffrances que ces populations palestiniennes ont enduré. Maintenant il faut savoir si l’on va arriver à une phase II et qu’elle sera la densité et l’importance de celle-ci. Si on n’arrive pas à cette phase II, ça veut dire que finalement cette tragédie n’aura servi strictement à rien et que ces morts sont morts pour rien. C’est vraiment un enjeu majeur avec beaucoup d’autres implications sur le plan politique. La communauté internationale a été totalement absente ou elle a soutenu Israël au début. C’est quand même quelque chose de très problématique.

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