Sans doute mis à l’épreuve par la flambée des exportations, le gouvernement s’apprête à changer de cap. Il compte, selon le ministre du Commerce, Amara Benyounès, instaurer les «licences l’importation» pour certains produits « jugés » stratégiques.

Le ministre du Commerce, qui prévoit l’élaboration prochaine d’un nouveau code des importations et des exportations, a estimé que « la licence d’importation durable et provisoire » pour l’importation va être introduite pour « les produits stratégiques ». Le ministre n’a pas précisé de quels projets il s’agit. Mais certains produits, à l’image des céréales, du café, des produits pétroliers, médicaux et liés à l’automobile peuvent faire partie de cette catégorie.

Plus loin, Amara Benyounès a révélé que les « les autorisations d’importations » vont concerner les produits dont « la production nationale n’est pas suffisante ». Il a reconnu, d’ailleurs, qu’il y a un manque de transparence dans la délivrance des licences d’importations.

Ces mesures – s’elles sont réellement mises en œuvre- visent avant tout à réduire la facture de l’importations qui ne cesse de flamber ces derniers temps.

Ce qui est paradoxal, c’est que le gouvernement a laissé la situation pourrir durant des années alors que rien ne l’empêche d’agir. Et la marge de manœuvre du gouvernement, est d’autant plus réduite qu’il veut engager le pays  dans un processus d’adhésion à l’Organisation mondiale de Commerce (OMC).

Pendant que nos responsables « brandissent » l’arme de cette organisation internationale, des pays qui ont adhéré depuis très longtemps à l’OMC, à l’image de la Tunisie, se permettent de protéger leurs produits. S’agit-il donc d’un sursaut d’orgueil du gouvernement ou de simples manœuvres destinées à  brouiller les pistes des opposants à l’entrée à l’OMC ?

Essaïd Wakli

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