C’est la rumeur la plus folle de cette rentrée caniculaire. Ces dernières 24 heures, les rédactions algéroises de plusieurs quotidiens algériens tentent de vérifier une information qui circule massivement grâce au bouche-à-oreille. Le général Toufik serait sur le point d’être limogé par la Présidence de la République.

Il aurait même été limogé aujourd’hui 2 septembre, affirme cette grosse rumeur qui fait des ravages dans les milieux médiatiques car contrairement aux précédentes rumeurs infondées, celle-ci s’inscrit dans  un contexte très particulier. En effet, après le limogeage de plusieurs conseillers à la Présidence de la République dont le célèbre Général Touati, considéré pendant longtemps comme le « cerveau » (El Mokh) de la junte militaire algérienne durant les années 90, et la fin de fonction d’Abdelaziz Belkhadem, l’un des ténors de la scène politique algérienne, cette nouvelle information concernant le patron du DRS, le service de renseignement algérien, a provoqué une panique et beaucoup ont cru à son authenticité.

Il faut dire que le régime algérien vit depuis cet été de profondes mutations au niveau de ses institutions stratégiques. C’est du moins ce que laissent croire les différents acteurs du sérail qui distillent des informations sur les changements opérés au sein du palais d’El Mouradia, siège de la Présidence de la République. Le récent mouvement partiel dans le corps des magistrats qui a touché quelques juridictions a été présenté également comme un rééquilibrage des rapports de force entre les différents clans composant la colonne vertébrale du régime algérien.

D’autres sources au sein du sérail, que certains qualifient volontiers de « fiables », ont également fait part d’un prochain et imminent changement à la tête des régions militaires en Algérie. Plusieurs chefs d’état-major devraient être limogés et remplacés par de nouveaux généraux. C’est dans le sillage de ces nouvelles décisions que la Présidence envisagerait plus sérieusement que jamais de mettre fin aux fonctions du Général Toufik, le mythique patron du DRS. Mais pour l’heure, aucune source officielle n’a osé commenter ou confirmer cette information délicate qui signifierait un tournant majeur dans l’histoire politique du régime algérien. Au contraire, différentes sources sécuritaires ont démenti cette information lorsque nous avons réussi à les joindre.

« Le général Toufik n’est ni le général Touati ni Abdelaziz Belkhadem. C’est un poids lourd que personne ne peut encore faire bouger. Ce n’est pas son âge avancé, 74 ans, qui joue contre lui. Il bénéficie encore de l’appui de pas moins de 50 officiers supérieurs et décideurs militaires. « Cette rumeur n’en est qu’une parmi tant d’autres », croit savoir une de nos sources militaires, qui emploie un ton imperturbable pour démentir cette « grosse rumeur ridicule ». Ne peut-on donc pas limoger le général Toufik ? Oui répondent certains réputés pour être ses fidèles alliés. « Pas si sûr », nuancent d’autres qui pensent avec certitude assister à un processus de mutation du régime algérien. Un processus qui ne fait que commencer. Attendons donc pour connaitre toute la vérité…