Le rapt du touriste français Hervé Gourdel par le groupe terroriste Jund El Khilafah (« Soldats du califat »), filiale algérienne du Daech (Etat islamique en Irak et au Levant, EIIL), survenu dimanche dernier sur les hauteurs du Djurdjura (dans une zone à cheval entre les wilayas de Bouira et de Tizi-Ouzou), puis son exécution mercredi, porte un coup dur à l’image du pays. L’Algérie est-elle en phase de (re)devenir un pays infréquentable ? C’est fort probable. Du moins aux yeux des autorités françaises et dans la conjoncture actuelle.

Après avoir appelé ses ressortissants à observer « la plus grande prudence dans une trentaine de pays du Maghreb, du Sahel et du Moyen-Orient », le Quai d’Orsay vient d’élever le niveau d’alerte dans notre pays à l’adresse de ses ressortissants y résidant ou en voyage.

Zone rouge

En effet, dans sa nouvelle carte, mise à jour jeudi 25 septembre 2014, soit au lendemain de l’exécution odieuse de l’otage français, la couleur rouge recouvre environ deux tiers du territoire national (la moitié sud et la partie extrême du centre-est du pays). Cette partie de couleur rouge est « formellement déconseillée » aux Français. Le tiers restant, à l’exception de quatre grandes villes, est colorié en orange. Ce territoire est « déconseillé, sauf raison impérative »». Quant aux villes les plus sûres de notre pays, à savoir Alger, Tipasa, Oran et Tlemcen, les français y sont appelés à faire preuve d’une « vigilance renforcée » (couleur blanche sur la carte). Point de couleur verte, synonyme de  « vigilance normale », sur la carte de notre pays.

Par ailleurs, le président du Syndicat des agents de voyage en France (Snav), Jean-Pierre Mas, a, quant à lui, appelé jeudi 25 le ministère des Affaires étrangères de son pays à « clarifier la cartographie des risques », encourus par les ressortissants français dans la trentaine de pays concernés par l’alerte pour éviter « un risque d’amalgame », a rapporté l’AFP, citée par le quotidien français Le Figaro sur son site internet.

M. Mas estime en effet qu' »assimiler une trentaine de pays qui pourraient présenter un risque, c’est troublant. On peut demander un peu de clarté, de clarification ».

La clarification à laquelle appelle M. Mas, concerne en premier lieu l’Algérie. Le syndicaliste souligne d’ailleurs que « ce n’est pas toute l’Algérie qui est une zone à risques. Mais je comprends que les touristes français soient réticents à partir dans ce pays en ce moment ». Même si l’orateur estime que « le problème, c’est que la communication du ministère fait déteindre l’idée d’un risque sur un grand nombre de pays » et appelle le Quai d’Orsay à « clarifier notamment la situation sur la Tunisie, le Maroc ou l’Egypte », il va sans dire que l’Algérie est plus que jamais concernée. « Si le ministère a des informations sur un vrai risque dans ces pays, il faut qu’on le sache. Sinon, il faut le dire aussi », a-t-il appelé.

Yacine Omar