Pour la première fois depuis sa prise de fonction, le 9 septembre dernier, le nouvel ambassadeur de France à Alger, Bernard Émié, s’adresse directement à ses compatriotes, résidant ou de passage en Algérie. Il leur demande de redoubler de vigilance suite au cruel assassinat d’Hervé Gourdel.

L’ambassade de France en Algérie est en alerte. Elle prend très au sérieux la menace terroriste, qui plane sur tous les ressortissants français, vivant ou étant en vacances à l’étranger. Lundi 22 septembre, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EI) a appelé tous ses fidèles à tuer les citoyens français en signe de riposte aux frappes aériennes sur le territoire irakien de la coalition internationale, emmenée par les Etats-Unis, dont fait partie la France. La veille de cet appel, le groupe terroriste Jund al-Khilafah (« Les Soldats du Califat »), qui a prêté allégeance à l’EI début septembre, avait kidnappé le touriste français Hervé Gourdel, venu samedi dernier en Algérie découvrir les sentiers de Tikjda. Les membres de ce groupe dirigé par Gouri Abdelmalek, ex-chef d’une phalange de l’ancien GSPC, qui a pris ses distances avec Aqmi, avait lancé, dans un message vidéo, un ultimatum de 24 heures au Président François Hollande : la vie d’Hervé Gourdel contre la fin des bombardements en Irak. Ces djihadistes ont mis leur menace à exécution mercredi diffusant les images atroces de l’exécution du guide en haute montagne, originaire de Nice dans le sud de la France.

Trois jours après la décapitation d’Hervé Gourdel, l’ambassadeur de France à Alger s’adresse, pour la première fois depuis sa prise de fonction, le 9 septembre dernier, directement aux ressortissants français sur le sol algérien. Bernard Émié, qui appelle la communauté française d’Algérie au « calme » et à la « sérénité », insiste sur les mesures de précaution, énoncées par le consulat général de France à Alger sur son site Internet. Le représentant de la diplomatie française en Algérie demande ainsi à ses compatriotes de « rester au quotidien très vigilant, et [de] respecter strictement toutes les consignes de sécurité qui s’imposent notamment à l’égard des zones considérées comme sensibles par notre site « Conseils aux voyageurs » que je vous invite à consulter régulièrement », écrit-il dans un courrier, rendu public ce samedi.

D’après la carte du ministère des Affaires étrangères français, les deux tiers du territoire algérien, comprenant le Sud et la frontière Est avec la Libye et la Tunisie, sont des zones « fortement déconseillées » aux citoyens français. Le reste de la carte d’Algérie, soit le nord du pays, est coloriée d’orange, la couleur pour les zones « déconseillées, sauf raison impérative ». Seules les villes d’Alger, Tipasa, Oran, Tlemcen sont en blanc sur la carte ce qui signifie que la vigilance dans ces sites urbains est « renforcée ».

Pour rappel, l’Algérie a été classée par le Quai d’Orsay dans sa liste des 40 pays à éviter, car le risque d’action djihadiste y est élevé.

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