Que peut faire l’Algérie face au chaos libyen ?

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L’Algérie s’oppose fermement à une intervention militaire en Libye a indiqué mercredi le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Une déclaration qui intervient alors la possibilité d’une offensive française se fait de plus en plus prégnante.

Ramtane Lamamra s’est exprimé à ce sujet en marge de la conférence internationale de soutien et de développement de la Libye, organisée ces jours-ci à Madrid à l’initiative de l’Espagne. « Nous ne pouvons accepter une intervention militaire étrangère en aucune façon en Libye », a martelé le ministre, ajoutant que « le rôle des institutions internationales consiste à aider et non à se substituer aux affaires internes des pays souverains ».

M. Lamamra a fait le constat que le pays est « en difficulté sérieuse », mais a souligné que « la solution doit être libyenne et trouvée par les Libyens eux-mêmes ». L’Algérie souhaite que « les parties en conflit arrivent à des arrangements de sécurité qui permettront de protéger les personnes et les biens en Libye tout en réunissant les conditions de la poursuite de la lutte antiterroriste », a précisé le ministre.

Lire notre article : La Libye au bord de la guerre civile

Pour établir la paix et garantir la sécurité, l’Algérie, par la voix de Lamamra, recommande la mise en place d’un cessez-le-feu et l’application de l’embargo des Nations Unies – le 27 août dernier, l’ONU avait élargi l’embargo sur les armes et le gel des avoirs financiers de toute personne soutenant des actes contre la paix.

Lamamra a également mis l’accent sur le rôle des pays voisins dans le processus de paix. Il a ainsi plaidé pour l’ « harmonisation des efforts nationaux, régionaux, continentaux et internationaux ».

La France prépare-t-elle une nouvelle intervention ?

L’Algérie a donc haussé le ton contre une éventuelle intervention militaire en Libye. Déjà, lors de la visite du chef d’état major des armées françaises, entre le 12 et le 15 septembre derniers, Lamamra avait exprimé le refus catégorique de l’Algérie. En guise d’alternative à une intervention militaire, le chef de la diplomatie algérienne avait préconisé la tenue d’un dialogue inclusif entre Libyens en Algérie.

Le site d’information anglophone turc World Bulletin a cependant fourni une version différente de cette rencontre. « Les officiels algériens désirent discuter avec le chef des armées françaises, Pierre de Villiers, de garanties permettant d’éviter de cibler des civils, si intervention militaire occidentale il y a, et le déploiement d’une force capable de préserver la sécurité pour les Libyens une fois l’intervention terminée », a ainsi indiqué World Bulletin, cité par El Watan. Le World Bulletin assure tenir ses informations d’une source diplomatique algérienne anonyme. La même source aurait déclaré à l’agence turque Anadolu que l’Algérie pourrait soutenir une intervention étrangère si ces deux exigences étaient garanties.

La France semble donc envisager de plus en plus sérieusement la possibilité d’une nouvelle intervention internationale en Libye. Le ministre de la Défense français, Jean-Yves le Drian, s’est rendu il y a quelques jours à Abou Dhabi et au Caire, afin de convaincre les Émiratis et les Égyptiens de la nécessité d’une offensive antiterroriste en Libye.

Une source proche du Ministre précise cependant à Jeune Afrique qu’ « une intervention n’est toutefois pas pour demain ». « Nous ne disons pas : on va partir en guerre. Nous disons qu’il faut s’y préparer », assure cette source.