Répondant à l’appel du Mouvement des gardes communaux libres (MGCL), plusieurs centaines de miliciens se sont rassemblés, mercredi 10 septembre, devant le siège de la wilaya de Bouira (environ 100km au sud-est d’Alger). Ils manifesteront dans la capitale la semaine, nous ont-ils appris.

Les protestataires dénoncent « le dialogue à blanc avec les pouvoirs publics autour de (leur) plateforme de revendications, depuis le mois de janvier dernier », selon le porte-parole de ce mouvement, joint par téléphone. Ils exigent également « la reconsidération de l’augmentation humiliante dans la pension de retraite (200 à 300 DA) touchant environ 65000 gardes communaux, la réintégration des 35000 éléments radiés arbitrairement ainsi que l’application du statut de militaire aux éléments ayant rejoint les rangs de l’ANP ».

Ils revendiquent en outre « une reconnaissance officielle de la part des autorités pour les efforts et les sacrifices consentis durant la décennie noir ». « Le pouvoir reçoit d’anciens chefs terroristes dans ses salons feutrés et fait d’eux des  personnalités nationales, en les invitant à donner leur avis sur la nouvelle mouture de la constitution. En revanche, il dénie aux gardes communaux, qui se sont sacrifiés en combattant justement ces mêmes terroristes, leurs droits les plus légitimes », s’indigne M. Lahlou, qui réclame l’installation d’  « une structure nationale pour la sauvegarde de la mémoire afin de qualifier chacun par son nom ».

Ces manifestants, selon notre interlocuteur,  tiennent aussi à se démarquer de la Coordination nationale des gardes communaux,  qu’ils qualifient au passage d’ « illégitime et de non représentative ».

Selon les organisateurs plus de 400 gardes communaux, venus de pas moins de 22 wilayas, ont participé à la manifestation mercredi.

S’ils se sont dispersés vers 15 h dans le calme, les membres du MGCL ne comptent pas pour autant baisser les bras. Ils comptent braver l’interdit et marcher sur Alger la semaine prochaine. Notre interlocuteur  refuse de dévoiler le jour et l’endroit exacts de la marche « pour ne pas permettre au pouvoir de déployer son armada de forces anti-émeute ».

Yacine Omar