Après des mois d’attente, le ministère de la Communication a enfin rendu son verdict. Hamid Grine a nommé Miloud Chorfi, député du RND, comme président de l’autorité de régulation de l’activité audiovisuelle. Une nomination qui ne va pas manquer de soulever des interrogations, notamment à cause des accointances partisanes de l’homme.

Miloud Cherfi est donc le clou d’une politique de l’autruche entamée par le gouvernement depuis plus de deux ans. Car, en plus d’être affilié à un parti politique du pouvoir, de lourds soupçons de conflit d’intérêts pèsent sur le parlementaire de Mascara. Ce dernier serait, en effet, actionnaire dans une entreprise médiatique, à savoir El-Ajwaa avec ses deux versions, journal et télévision. Miloud Chorfi a beau nier l’évidence, mais les documents administratifs démontrent que son fils est bel et bien actionnaire de cet organe médiatique. A ce détail près que ce fils n’est plus de ce monde. Qui hérite donc de ses parts ? Sa famille, bien sûr !

A cette entorse s’ajoute une autre plus réglementaire. Les articles 61 et 64 du Code de l’information interdisent, de manière explicite, aux membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel, d’être actionnaire dans une entreprise médiatique ou d’être élu. C’est exactement la situation de Miloud Chorfi. Il est vrai que dans une précédente vie, Miloud Chorfi avait exercé comme présentateur télé dans la chaîne publique du temps du parti unique. Sauf que, cela fait longtemps que l’homme ne figure plus dans le domaine des médias. Pis, il a choisi un autre métier –la politique- à celui de l’information, l’éloignant ainsi de la corporation.

En plus, cette nouvelle nomination viole clairement l’article 61 de la loi sur l’audiovisuel. Cette dernière précise bel et bien que « le mandat du membre de l’Autorité de régulation est incompatible avec tout mandat électif (…) ou responsabilité exécutive dans un parti ». Or, monsieur Miloud Chorfi demeure toujours un député du RND et n’a pas, pour l’heure, annoncé son intention de remettre son mandat. Une nomination, et plusieurs violations à la réglementation.  Mais dans l’empire de Bouteflika, toutes les entorses sont possibles et imaginables. Et Miloud Chorfi n’est qu’un nouveau chapitre de ce scénario qui n’a aucun sens.

Essaïd Wakli

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